28.04.2008

Saison 1, Episode 5 : Ingrid

Voilà, Armand était parti pour une semaine à Milan afin de découvrir son nouvel environnement, les bureaux, les équipes avec lesquelles il aurait à travailler dans 3 mois, à partir de juin. Ingrid adorait Armand, mais sur le quotidien, il pouvait être agaçant à force d'être aussi étourdi. Armand devait prendre l'avion dimanche dernier à partir de Bruxelles, en fin d'après-midi. Le couple en avait alors profité pour déjeûner et se promener dans la ville avant le départ. Cet idiot, en arrivant à l'aéroport, s'est rendu compte en regardant son billet, qu'il s'était trompé d'une heure trente et que son avion venait tout juste de décoller. "Pour une fois que les avions sont à l'heure !" dit-il à Ingrid au téléphone tandis qu'il lui apprenait cette nouvelle. Ainsi s'était-il borné à commenter cet incident qui ne l'avait d'ailleurs pas plus mis en rogne que ça. Oh, bien sûr, il s'en voulait d'être aussi tête de linotte, mais il avait une faculté à relativiser ce genre de problèmes qui forçait l'admiration.
 
Mais l'avion suivant ne partait que le lendemain matin. Outre qu'il ne s'agissait pas forcément d'une excellente entrée en matière avec ses nouveaux patron, Ingrid refusait de refaire un aller/retour ce dimanche soir et un aller/retour le lundi matin pour réparer les conséquences de l'inconséquence d'Armand. Pour le coup, Armand n'avait pas bien pris la chose. Mais de façon générale, Armand n'allait pas au clash : quand il n'était pas désiré, il préfèrait s'effacer et revenir quand on l'accueillerait à bras ouverts. Alors Armand avait dormi à l'hôtel...
 
Trois jours s'étaient écoulés depuis cet événement. Ingrid avait reçu un coup de fil d'Armand, pour lui décrire un peu l'ambiance et ses premières impressions. Ingrid avait surtout été relancée par un ancien amant, André, un ami d'enfance, qu'elle avait sexuellement testé, un an après avoir initié sa relation avec Armand, pour s'assurer que sa frigidité n'était pas liée à un homme en particulier. Elle avait eu la confirmation qu'Armand n'y était pour pas grand chose. Toujours est-il qu'André l'avait donc recontacté parce qu'il passait par Lille dans 2 semaines, et il aurait aimé la voir. Il lui avait fait comprendre que ce n'était pas forcément en tout bien tout honneur. Ingrid lui avait indiqué en retour qu'elle n'était pas opposée à une rencontre nocturne. Elle s'inventerait un déplacement de 2 jours trop lointain pour faire l'aller et retour dans la journée. Ingrid ne savait pas s'expliquer pourquoi elle acceptait. Ce n'était pas sexuel, évidemment. Pas de son point de vue, en tout cas. Sans doute le fait d'avoir envie de plaire à des hommes avait quelque chose à voir avec sa décision. Elle coucherait donc avec lui tout en étant enceinte d'Armand. Vraiment, le fait qu'elle soit enceinte ou non, ce n'était pas un problème pour elle. Si infraction morale il devait y avoir, c'était de toute façon dans le fait de tromper Armand.
 
Armand, de son côté, faisait connaissance avec les équipes, Milan, et l'Italie. Il était bien conscient qu'une expatriation en Italie ne pouvait être considérée comme un choix de vie très difficile. En même temps, c'était une proposition qu'on lui avait faite, lui qui s'était positionné pour une expatriation dans n'importe quel pays, il voyait mal pourquoi la refuser, même s'il se sentait prêt à prendre pays plus difficile, comme la Pologne ou que sais-je encore ? Tiens son pote de promotion, par exemple, Gaëtan, était parti pour Moscou, et ça, c'était une autre gageure. De toute façon, Armand, ne voulait pas quelque chose de difficile à tout prix, il voulait surtout découvrir un autre monde, et se prouver à lui-même sa capacité d'adaptation. A priori, l'Italie n'allait pas lui poser beaucoup de problèmes. Bon, l'un de ses chefs (il aurait une hiérarchie bicéphale, un truc à vous rendre schizophrène), une femme, n'était pas commode, en tout cas, aussi fermée aux avis contraires aux siens venant de ses subordonnés, qu'ouverte aux sexes masculins susceptibles de lui donner du pouvoir. Aux dires des nouveaux futurs collègues d'Armand, en tout cas. Et de fait, elle n'avait pas semblé très aimable quand elle se sentait dans une position hiérarchique supérieure à celle de son interlocuteur. Armand était bonne pâte, plutôt pacifique de nature, mais il détestait qu'on le traite de façon condescendante et que l'on méprise son opinion. Il acceptait le désaccord, mais pas le mépris. Certes, personne n'aime le mépris, mais, souvent dans le monde du travail, la personne traitée ainsi a souvent tendance à ravaler son orgueil. Sur ce sujet, Armand n'avait que faire du rapport hiérarchique. Il n'était disposé à respecter que les personnes qui lui rendait le même respect. Mais bon, il se disait quand même que ce n'était certainement lors de cette semaine de "stage" qu'il devait faire des remous. Il aurait tout loisir de marquer son territoire par la suite.
 
Par ailleurs, il avait vite compris que le bureau principal, constitué d'une quinzaine de personnes, dont lui, était constitué de clans ne correspondant pas nécessairement aux différents services y figurant. Il avait également vaguement l'impression que le management à l'italienne allait présenter quelques nuances avec le management français. Mais nous aurons l'occasion d'y revenir, à n'en pas douter. En attendant, n'ayant pas franchement grand chose à faire, il s'octroyait de petits horaires, découvrant Milan par la même occasion, accompagné de sa guide, Cristina, une italienne travaillant dans le même service que lui, et qu'il avait connu en France, toujours au sein de la même entreprise. Cristina était une vraie italienne, parlant fort, s'énervant pour un rien et se calmant aussi vite que la colère était montée, avec un corps très bien fait, quoique trop maigre de partout suivant les canons d'Armand, surtout de la poitrine. Elle était bien habillée, très mode, un peu sexy, vraiment à l'italienne. Elle avait surtout un gros défaut physique : une mâchoire supérieure extrêmement avancée et tournée vers l'extérieur, à tel point qu'il ne lui était pas naturel du tout de fermer complètement la bouche. Cristina avait une relation très conflictuelle avec son copain, ce qui fait qu'ils se quittaient et se retrouvaient régulièrement. En ce moment, d'ailleurs, ils étaient séparés, ce qui rendait Cristina très ouverte, notamment envers Armand. Ce-dernier s'en rendait bien compte, et sans être intéressé particulièrement par Cristina, se disait en lui-même qu'il ne refuserait pour autant pas, mais il ne faudrait pas compter sur lui pour faire quelque cour que ce soit. Le gain en vue n'était pas suffisamment attractif pour qu'il fasse des efforts. Il trouvait cette femme très sympathique et lui était reconnaissant de le prendre en charge, mais de là à la draguer, non, ce n'était pas dans ses plans.
 
Mais de toute façon, Cristina, en bonne italienne, n'avait pas besoin qu'Armand l'aide. Vendredi soir, alors que le français prenait son avion le lendemain midi, elle lui proposa un dernier restau et de passer la chercher chez elle vers 20h30. Ce qu'il fit. Cristina était une des rares italiennes du bureau à ne pas habiter chez ses parents. Même certaines personnes mariées habitaient encore chez leurs géniteurs. Il faut reconnaître que les salaires moyens italiens ne sont pas très élevés, contrairement à l'immobilier. Mais ses parents étaient de Basilicate, tout au sud de l'Italie. C'était presque, aux yeux de certains italiens du nord, une immigrée. Cristina habitait donc seule, mais pas franchement un appartement de première catégorie. Elle n'était pas loin de son lieu de travail, et c'était déjà ça, mais son cadre de vie n'était pas folichon. Pas que l'on se sente en insécurité dans son quartier, mais tout était gris et blafard, et les rares parcelles de pelouse n'avaient visiblement pas l'aide d'un jardinier pour survivre dans un état décent. Peu importe, elle était fière de pouvoir vivre à la française, c'est-à-dire en autonomie. Bref, Armand et Cristina passèrent un excellent moment au restaurant, Armand buvant un peu plus que Cristina, Cristina buvant déjà beaucoup et mangeant très peu. Armand découvrait peu à peu les merveilles de la cuisine italienne, insoupçonnables pour qui fréquente les tristes pizzérias qui peuplent les provinces françaises, et là encore, culinairement, il s'était régalé.
 
A l'heure de déposer Cristina chez elle, Armand se vit proposer de monter boire un verre de limoncello, vous savez, cette liqueur servie glacée et très sucrée à base de citron ? Après tout, pourquoi pas ? Ils montèrent. Déjà, dans l'ascenseur, le regard de Cristina fit comprendre à Armand qu'il n'allait pas sortir indemne de ce dernier verre, à moins d'une certaine volonté, ce dont il était relativement dépourvu quant aux affaires de sexe, a fortiori en cas de forte alcoolémie. Armand s'asseya sur ce qui servait de divan - lit à Cristina, lle temps que Cristina lui serve son verre. A son tour, elle s'installa sur le divan, proche, trop proche d'Armand, à tel point qu'il ne pouvait plus que l'embrasser s'il ne voulait pas passer pour un ingrat. Il obtempéra à l'injonction muette. La mâchoire avancée de Cristina fut l'occasion de nouvelles sensations. D'abord, le roulage de patin s'avéra très déstabilisant, car il était impossible d'embrasser la chaleureuse italienne à pleines lèvres et pleine langue, les dents présentant un obstacle quasi-infranchissable. Ensuite, Armand connut une grande première dans toute sa vie sexuelle : la gorge profonde. Sans strictement aucun effort, Cristina pouvait enfourner la verge entière d'Armand sans sentir la moindre gêne, et même une partie de ses couilles. Reconnaissons que le relatif petit sexe d'Armand facilitait encore plus les choses. Celui-ci se dit que rien que pour ça, il avait bien fait de venir. Un de ses amis ayant une grosse expérience sexuelle lui avait fait part des sensations occasionnées par une gorge profonde, ce serrement du gland, le fait de venir toucher la gorge, sans parler du plaisir "intellectuel" de la chose... C'était bien ça, sauf que Cristina pratiquait avec une facilité déconcertante et sans nausée, ce que toute femme normalement constituée risque en pratiquant cela. Armand était tellement bien dans cette bouche transalpine qu'il n'avait pas du tout envie de la sauter. Il restait déstabilisé par ses dents quasiment aggrippées à son pubis, mais savait passer outre compte tenu des merveilleuses sensations obtenues par la magie de cette bouche hors du commun. Mais après avoir bien apprécié l'affaire, il se dit qu'il devait quand même la récompenser de cette grande première pour lui et fit son devoir. Baisant sans capote, conformément à ses exigences, se contentant d'éjaculer sur le ventre de sa partenaire. En plus, il n'avait pas du tout envie que Cristina dise de lui que c'était un mauvais coup. Or, mis à part sa propre femme, Ingrid, il avait plutôt eu du succès auparavant sur ce plan-là.
 
Le lendemain matin, il prit comme prévu son avion, non sans que Cristina ne le gratifia d'une nouvelle fellation : "ça, c'était pour te donner envie de revenir en Italie en juin..." dit-elle alors qu'elle ouvrait les cuisses devant le sexe totalement excité d'Armand.
 
 

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