29.04.2008

Saison 1, Episode 6 : Eleonora

Ce fut la lumière qui la réveilla, ce matin. Elle se rappela instantanément, en constatant qu'elle n'était pas chez elle, tout ce qu'elle avait fait la nuit dernière. Elle avait dormi au bord du lit pour ne pas toucher la femme à côté d'elle, cette dernière étant nue et embirlificotée contre le corps de son mari. Elle s'asseya sur le bord du lit, attendant que sa jambe gauche, sujette à des difficultés de circulation sanguine, retrouve sa vigueur et ne lui fasse plus mal. Elle se rhabilla le plus discrètement et rapidement possible, anticipant sur la gêne qu'elle sentirait devant ce couple avec lequel elle avait forniqué cette nuit s'ils se réveillaient. Elle ne se sentait pas extrêmement fière d'elle. N'allait-elle pas un peu trop loin dans l'expérimentation sexuelle ? Surtout dans l'alcool, en fait. Car, elle était convaincue qu'elle n'aurait jamais cédé devant l'insistance de Frank, le mari si elle avait eu les idées claires.
 
Quelques semaines de cela, ce couple qu'elle avait connu au cours de ses pérégrinations régulières et prolongées dans les bars de nuit, lui avait enjoint de venir dîner chez eux. Elle était venue en toute naïveté, pensant sincèrement y manger, boire et bavarder, et n'imaginant pas que ce genre de choses puisse lui arriver. Non pas qu'elle ne s'était jamais vue faire la proposition, mais juste qu'elle n'était pas intéressée. D'une part, la sexualité féminine ne l'attirait pas, à part la sienne, évidemment, d'autre part, elle n'aimait pas du tout partager ses hommes, d'autant plus après toutes ses mésaventures passées, et même s'il ne s'agissait que d'un coup ponctuel. Lors de son arrivée chez Cécile et Frank, elle avait bien trouvé que Cécile était vêtue de façon sexy, une robe longue fendue très haut et un décolleté d'une profondeur abyssale laissant plus que deviner une poitrine en liberté d'une toute autre dimension que celle d'Eleonora - ce qui d'ailleurs, ne concourait pas à la mettre à l'aise, se sentant toujours en infériorité face à des gros seins -, des chaussures à talons fins et hauts. Eleonora s'était bien habillée, mais n'avait pas choisi des fringues envoyant des signes du genre "ce soir, j'ai envie de baiser" aussi évidents que ceux de Cécile. Mais Eleonora s'était simplement fait la réflexion que ce couple n'allait certainement pas s'ennuyer à l'issue du dîner.
 
Celui-ci s'était bien déroulé, beaucoup de rigolades, des bons vins, des plats sympathiques sans être exceptionnels. Quand il s'agissait de mettre de l'ambiance, on peut toujours compter sur Eleonora. Si elle vient, elle sera meneuse. Si elle n'est pas d'humeur, elle ne vient pas. Mais une fois présente, elle n'est pas bégueule, c'est un mec. D'ailleurs, elle préfère parler avec les mecs. Parler chiffons, esthéticiennes, coiffure, bijoux, ça l'a toujours gonflée. Bon, elle n'aime pas non plus parler voitures, ni sport. Mais elle aime parler bouffe, vins, sexe, de tout, de rien, ça oui. Quoi qu'il en soit, Eleonora avait oublié l'impression initiale, elle était gaie, elle sentait doucement l'ivresse la gagner, et mine de rien, quand Frank parlait cul, et au fur et à mesure, il en avait parlé de plus en plus, Eleonora répondait et réalimentait. Elle était d'ailleurs en train d'expliquer sa technique pour les pipes quand Cécile proposa à tous de passer dans le salon pour prendre un petit digestif. Frank et Eleonora obéissèrent de très bon gré, et se dirigèrent dans la pièce voisine, que l'on pourrait qualifier de cosy. Des canapés pour prendre ses aises, des tapis aux couleurs chaudes et sans doute pas récupérés chez le St-Macloud du coin, une table basse en bois massif... Frank disparut pour réapparaître avec quelques bouteilles d'eau de vie diverses. Eleonora n'était en revanche pas forte sur ce type d'alcool, mais Frank avait aussi amené un limoncello au cas où.
 
Quand Cécile réapparut, elle était nue... Eleonora, difficile à effaroucher, ne s'offusqua pas, cependant, elle ne put retenir sa surprise :
 
- Mais, Cécile que t'arrive-t-il ? Un coup de chaud ?
- Non, non Ele, j'avais juste dit que c'était l'heure du dessert.
 
Elle s'agenouilla devant Eleonora puis approcha ses lèvres, mais l'italienne eut un net mouvement de recul. Cécile n'insista pas.
 
- Ca t'embête Ele, si je joue un peu avec le hochet de mon mari ?
- Euh... je crois que je vais partir, je gêne, je pense...
- Non, non Ele, s'interposa alors, Frank. Tiens prend ça.
 
Et il sortit alors un petit pétard, de cette herbe qu'Eleonora avait déjà eu l'occasion d'apprécier récemment. Un peu étourdie par l'alcool, elle renonca à fuir, et, au contraire, accepta la proposition de Frank, cependant que celui-ci avait désormais le pantalon sur les chevilles et le dard fièrement dressé. Quoique... Eleonora n'avait pas bien vu, car l'objet du délit passait la majeure partie du temps dans la bouche de Cécile. Certes, il en ressortait pour une prise en main et un tour de gland à la langue en bonne et due forme, mais cela ne consistait qu'en de courtes étapes de transition.
 
Eleonora était désormais en situation de vol plané en douceur. Pas le brouillard pré-dodo éthylique, plutôt un bien-être détaché de tout. Le couple forniqueur était désormais complètement à poil. Cécile choisit ce moment pour disparaître. C'est alors que Frank tendit la main vers Eleonora qui l'accepta. Elle se leva et suivit Frank jusqu'à sa chambre. Cécile y était déjà, allongée sur le lit. Il fit s'asseoir la célibataire sur le rebord du lit puis lécha copieusement la chatte de sa femme. Doucement, ensuite, il fit s'allonger Eleonora et lui appliqua le même traitement, tandis que Cécile chercha de nouveau à l'embrasser. Non, décidément, même dans la bouche, une langue féminine la rebutait. En revanche, elle laissa Frank s'activer. Ses sensations n'étaient pas suffisamment ouvertes pour un grand plaisir, mais elle disait rarement non à un cunilingus. Elle écarta les jambes pour permettre à la langue de Frank de la pénétrer, mais les referma quand il chercha à mettre trop de doigts. Non, ça non, elle n'appréciait pas. Trois doigts, et encore quand toutes les conditions sont réunies. Puis, Frank se leva, et Cécile réattaqua sa queue, tandis que Frank cherchait à attirer de la main la tête de la seconde femme de sa soirée pour se faire sucer et lécher par deux femmes en stéréo. Mais, non, Eleonora n'était pas fan, et son brouillard n'y changeait rien, elle ne cédait pas. Elle s'allongea sur le lit en attendant et manqua de s'endormir. Mais au moment où elle somnolait, elle sentit un membre s'introduire en elle en même temps qu'un souffle alcoolisé sur son visage. Frank l'avait pénétrée. Cécile léchait l'anus et les couilles de son époux pendant ce temps.
 
Mais Eleonora était désormais partie trop loin, et, alors qu'elle avait une capacité d'atteindre l'orgasme en moins de 3 minutes montre en main, elle savait qu'elle n'y arriverait pas ce soir, et n'en avait pas spécialement envie non plus. Elle avait passivement accepté de jouer avec ce couple, mais l'idée qu'on l'avait faite tomber dans un traquenard derrière l'apparence d'un gentil dîner faisait qu'elle n'accorderait pas à Frank la satisfaction de son propre orgasme. Frank compris assez vite qu'il s'activait en pure perte et finit la nuit à limer sa femme, sans doute un peu déçu, bien qu'Eleonora poussa la conscience professionnelle à caresser les fesses de Frank pendant qu'il sautait Cécile. Il eut l'éjaculation silencieuse, tandis qu'il avait semblé à Eleonora que Cécile forçait un peu ses propres cris de jouissance. Ah, que ne faut-il pas faire pour rassurer ces crétins de mâle sur leur virilité...
 
Eleonora sortit de la maison du couple libertin sous un doux soleil printanier qui la réconforta en lui sussurant dans l'oreille que tout cela n'était finalement pas très important et surtout pas très grave. Eleonora allait déjà mieux...

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