07.05.2008

Saison 1, Episode 7 : Fanny

Le mois de juin à Rome était fabuleux. Fanny savait apprécier cette chaleur, encore plus prégnante que celle qu'elle connaissait à Aix-en-Provence. Comme elle travaillait souvent le soir, elle avait beaucoup de ses matinées libres, et, à l'heure où les romains sont au travail, elle sortait prendre une chioccolata, ce chocolat chaud préparé avec de la crême fraîche, une recette typique de l'Italie. Cela pouvait sembler cliché, mais oui, à l'ombre (ou pas) de l'arbre jouxtant la terrasse du bar à laquelle elle avait pris l'habitude de s'installer, elle regardait circuler les innombrables scooters de Rome, dont beaucoup de pilotes étaient dépourvus de casques, les passants à la conversation bruyante, qui des hauts fonctionnaires de l'état italien, qui de fières femmes aux lunettes de soleil improbables et à la poitrine bombée, le soleil qui montait dans le ciel, cette couleur ocre / jaune qui dominait certains quartiers de la ville... Et puis, ces odeurs de cuisine à l'huile d'olive qui montaient de tous ces trattorie, ristoranti, osterie, pizzerie. Fanny n'avait jamais bien compris les différences de concepts entre ces restaurants, et il faut bien dire qu'aucun italien de sa connaissance depuis qu'elle était à Rome n'avait franchement su lui donner une explication convaincante.
 
Fanny aimait prendre son temps, sentir le temps qui passe, et lors de ces matinées, elle avait l'occasion de vivre à son propre rythme tout en assurant ces grasses matinées dont elle usait et parfois abusait. Et puis, hier soir avait été tout particulier car l'agence pour laquelle elle travaillait avait organisé une soirée réunissant d'une part les vainqueurs du dernier scudetto (le championnat de football italien), l'AS Roma, dont Francesco Totti était déjà la star, et d'autre part quelques hauts dignitaires italiens, dans un restaurant de haute gastronomie romaine réservé à cet effet. Son rôle en amont avait été de faire l'interface entre les invités et les organisateurs, et lors de la soirée, elle avait la charge d'accueillir les joueurs et de participer au bon déroulement de la soirée à partir du moment où cela sortait des compétences du restaurant. Son énorme sourire l'avait naturellement prédisposée à cette mission d'accueil, même si à partir du moment où un joueur romain se montrait un peu trop roucouleur, elle avait cette faculté à se fermer naturellement. Fanny aimait les beaux hommes, ne dédaignait pas non plus de plaire, mais elle détestait - et le mot était faible - être prise pour un gibier. Aucun homme ne l'avait eue dès le premier soir, et aucun homme ne l'aurait le premier soir. Il fallait d'abord gagner sa confiance en tant qu'ami, par exemple, et ensuite, on pouvait peut-être - peut-être - envisager d'obtenir plus de sa place. Mais 2-3 des membres de l'équipe gagnante avait vraiment trop semblé arriver en terrain conquis pour que Fanny juge utile de refuser poliment. A chaque fois que l'un d'eux l'avait abordée, elle avait fermé son sourire et esquivé le personnage sans un mot. Il est vrai que Fanny semblait à première vue toujours très accorte et ouverte, avec - oui, encore - son sourire, son décolleté, qui, sans être obscène, était profond et laissait clairemnt deviner des beaux seins ronds, et un cul d'une rondeur affolante, pas dépourvu de cellulite, mais elle savait s'habiller pour que cela ne se voie pas... Mais Fanny avait toujours considérer que sa façon de s'habiller n'était pas destinée aux hommes mais à se sentir à la hauteur face aux autres femmes, qui plus est en Italie, ou le niveau d'élégance franchissait allègrement un cran comparé à la France.
 
Mais globalement, la soirée s'était bien déroulée, elle avait reçu les félicitations de sa plantureuse et autoritaire patronne, ce qui devait être bon signe. Elle était rentrée à son auberge espagnole à elle vers 4h du matin, qui n'était pas totalement silencieuse. Brigitte, la munichois, avait invité 2 copines allemandes qu'elle avait rencontrées sur le campus romain. Fanny les avait déjà croisées, elles étaient sympathiques, mais là, les 3 teutonnes discouraient en allemand, langue qui était proprement étrangère à la jeune aixoise. Par ailleurs, la belle et nymphomane irlandaise Tatum avait visiblement ramené un nouvel apollon italien, à en juger aux ahanements venant de sa chambre, évoquant de façon assez confondante ceux d'une tenniswoman d'originie yougoslave naturalisée américaine en plein match. Tatum n'était jamais discrète, et à dessein, car elle savait que la majorité des hommes appréciaient ses cris de jouissance souvages et que cela leur donnait encore plus d'ardeur à l'ouvrage, ce qui était, aux dires de Tatum elle-même, assez important, compte tenu du caractère puissamment vaginal de l'irlandaise. Carla, l'espagnole, était couchée, et sa chambre, en apparence du moins, était calme. Fanny alla se coucher et ne tarda pas à s'endormir en dépit des vagissements amoureux italo-irlandais.
 
Ce matin, sur sa terrasse, Fanny pensait à la seule et unique fois ou Thomas était venu en 3 mois, et se disait que leurs retrouvailles avaient été quelque peu mitigées. Elle n'avait eu que modérément eu envie de sexe, ce qu'elle avait dissimulé à Thomas en lui offrant sa bouche plus que de coutume. Elle n'avalait pas, mais elle suçait bien, en tout cas, et elle savait branler Thomas pour se débarrasser de la corvée en 5 minutes pas plus. Et quand ils avaient fait l'amour, il avait dû la lécher très longtemps pour qu'elle soit suffisamment facilement pénétrable. Et c'était sans compter la jalousie de Thomas, ou son incompréhension grandissante quant aux désirs d'expatriation de Fanny... Bref, Fanny, sentait que l'éloignement kilométrique l'éloignait aussi sentimentalament de Thomas. Mais elle n'envisageait certainement pas d'arrêter avec lui, d'abord parce qu'elle le considérait comme un homme de confiance, celui en lequel elle avait réussi à faire le plus confiance jusque là, ensuite, parce qu'il était plutôt doux et câlin, et qu'en mettant le sexe de côté, elle était très dispendieuse en tendresse, et enfin parce que cela rassurait d'être maquée avec un gars de son pays... Et même, avec un gars tout court. En finissant sa chioccolata, Fanny se dit que tous ces problèmes se résorberaient à son retour...

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