29.04.2008

Saison 1, Episode 6 : Eleonora

Ce fut la lumière qui la réveilla, ce matin. Elle se rappela instantanément, en constatant qu'elle n'était pas chez elle, tout ce qu'elle avait fait la nuit dernière. Elle avait dormi au bord du lit pour ne pas toucher la femme à côté d'elle, cette dernière étant nue et embirlificotée contre le corps de son mari. Elle s'asseya sur le bord du lit, attendant que sa jambe gauche, sujette à des difficultés de circulation sanguine, retrouve sa vigueur et ne lui fasse plus mal. Elle se rhabilla le plus discrètement et rapidement possible, anticipant sur la gêne qu'elle sentirait devant ce couple avec lequel elle avait forniqué cette nuit s'ils se réveillaient. Elle ne se sentait pas extrêmement fière d'elle. N'allait-elle pas un peu trop loin dans l'expérimentation sexuelle ? Surtout dans l'alcool, en fait. Car, elle était convaincue qu'elle n'aurait jamais cédé devant l'insistance de Frank, le mari si elle avait eu les idées claires.
 
Quelques semaines de cela, ce couple qu'elle avait connu au cours de ses pérégrinations régulières et prolongées dans les bars de nuit, lui avait enjoint de venir dîner chez eux. Elle était venue en toute naïveté, pensant sincèrement y manger, boire et bavarder, et n'imaginant pas que ce genre de choses puisse lui arriver. Non pas qu'elle ne s'était jamais vue faire la proposition, mais juste qu'elle n'était pas intéressée. D'une part, la sexualité féminine ne l'attirait pas, à part la sienne, évidemment, d'autre part, elle n'aimait pas du tout partager ses hommes, d'autant plus après toutes ses mésaventures passées, et même s'il ne s'agissait que d'un coup ponctuel. Lors de son arrivée chez Cécile et Frank, elle avait bien trouvé que Cécile était vêtue de façon sexy, une robe longue fendue très haut et un décolleté d'une profondeur abyssale laissant plus que deviner une poitrine en liberté d'une toute autre dimension que celle d'Eleonora - ce qui d'ailleurs, ne concourait pas à la mettre à l'aise, se sentant toujours en infériorité face à des gros seins -, des chaussures à talons fins et hauts. Eleonora s'était bien habillée, mais n'avait pas choisi des fringues envoyant des signes du genre "ce soir, j'ai envie de baiser" aussi évidents que ceux de Cécile. Mais Eleonora s'était simplement fait la réflexion que ce couple n'allait certainement pas s'ennuyer à l'issue du dîner.
 
Celui-ci s'était bien déroulé, beaucoup de rigolades, des bons vins, des plats sympathiques sans être exceptionnels. Quand il s'agissait de mettre de l'ambiance, on peut toujours compter sur Eleonora. Si elle vient, elle sera meneuse. Si elle n'est pas d'humeur, elle ne vient pas. Mais une fois présente, elle n'est pas bégueule, c'est un mec. D'ailleurs, elle préfère parler avec les mecs. Parler chiffons, esthéticiennes, coiffure, bijoux, ça l'a toujours gonflée. Bon, elle n'aime pas non plus parler voitures, ni sport. Mais elle aime parler bouffe, vins, sexe, de tout, de rien, ça oui. Quoi qu'il en soit, Eleonora avait oublié l'impression initiale, elle était gaie, elle sentait doucement l'ivresse la gagner, et mine de rien, quand Frank parlait cul, et au fur et à mesure, il en avait parlé de plus en plus, Eleonora répondait et réalimentait. Elle était d'ailleurs en train d'expliquer sa technique pour les pipes quand Cécile proposa à tous de passer dans le salon pour prendre un petit digestif. Frank et Eleonora obéissèrent de très bon gré, et se dirigèrent dans la pièce voisine, que l'on pourrait qualifier de cosy. Des canapés pour prendre ses aises, des tapis aux couleurs chaudes et sans doute pas récupérés chez le St-Macloud du coin, une table basse en bois massif... Frank disparut pour réapparaître avec quelques bouteilles d'eau de vie diverses. Eleonora n'était en revanche pas forte sur ce type d'alcool, mais Frank avait aussi amené un limoncello au cas où.
 
Quand Cécile réapparut, elle était nue... Eleonora, difficile à effaroucher, ne s'offusqua pas, cependant, elle ne put retenir sa surprise :
 
- Mais, Cécile que t'arrive-t-il ? Un coup de chaud ?
- Non, non Ele, j'avais juste dit que c'était l'heure du dessert.
 
Elle s'agenouilla devant Eleonora puis approcha ses lèvres, mais l'italienne eut un net mouvement de recul. Cécile n'insista pas.
 
- Ca t'embête Ele, si je joue un peu avec le hochet de mon mari ?
- Euh... je crois que je vais partir, je gêne, je pense...
- Non, non Ele, s'interposa alors, Frank. Tiens prend ça.
 
Et il sortit alors un petit pétard, de cette herbe qu'Eleonora avait déjà eu l'occasion d'apprécier récemment. Un peu étourdie par l'alcool, elle renonca à fuir, et, au contraire, accepta la proposition de Frank, cependant que celui-ci avait désormais le pantalon sur les chevilles et le dard fièrement dressé. Quoique... Eleonora n'avait pas bien vu, car l'objet du délit passait la majeure partie du temps dans la bouche de Cécile. Certes, il en ressortait pour une prise en main et un tour de gland à la langue en bonne et due forme, mais cela ne consistait qu'en de courtes étapes de transition.
 
Eleonora était désormais en situation de vol plané en douceur. Pas le brouillard pré-dodo éthylique, plutôt un bien-être détaché de tout. Le couple forniqueur était désormais complètement à poil. Cécile choisit ce moment pour disparaître. C'est alors que Frank tendit la main vers Eleonora qui l'accepta. Elle se leva et suivit Frank jusqu'à sa chambre. Cécile y était déjà, allongée sur le lit. Il fit s'asseoir la célibataire sur le rebord du lit puis lécha copieusement la chatte de sa femme. Doucement, ensuite, il fit s'allonger Eleonora et lui appliqua le même traitement, tandis que Cécile chercha de nouveau à l'embrasser. Non, décidément, même dans la bouche, une langue féminine la rebutait. En revanche, elle laissa Frank s'activer. Ses sensations n'étaient pas suffisamment ouvertes pour un grand plaisir, mais elle disait rarement non à un cunilingus. Elle écarta les jambes pour permettre à la langue de Frank de la pénétrer, mais les referma quand il chercha à mettre trop de doigts. Non, ça non, elle n'appréciait pas. Trois doigts, et encore quand toutes les conditions sont réunies. Puis, Frank se leva, et Cécile réattaqua sa queue, tandis que Frank cherchait à attirer de la main la tête de la seconde femme de sa soirée pour se faire sucer et lécher par deux femmes en stéréo. Mais, non, Eleonora n'était pas fan, et son brouillard n'y changeait rien, elle ne cédait pas. Elle s'allongea sur le lit en attendant et manqua de s'endormir. Mais au moment où elle somnolait, elle sentit un membre s'introduire en elle en même temps qu'un souffle alcoolisé sur son visage. Frank l'avait pénétrée. Cécile léchait l'anus et les couilles de son époux pendant ce temps.
 
Mais Eleonora était désormais partie trop loin, et, alors qu'elle avait une capacité d'atteindre l'orgasme en moins de 3 minutes montre en main, elle savait qu'elle n'y arriverait pas ce soir, et n'en avait pas spécialement envie non plus. Elle avait passivement accepté de jouer avec ce couple, mais l'idée qu'on l'avait faite tomber dans un traquenard derrière l'apparence d'un gentil dîner faisait qu'elle n'accorderait pas à Frank la satisfaction de son propre orgasme. Frank compris assez vite qu'il s'activait en pure perte et finit la nuit à limer sa femme, sans doute un peu déçu, bien qu'Eleonora poussa la conscience professionnelle à caresser les fesses de Frank pendant qu'il sautait Cécile. Il eut l'éjaculation silencieuse, tandis qu'il avait semblé à Eleonora que Cécile forçait un peu ses propres cris de jouissance. Ah, que ne faut-il pas faire pour rassurer ces crétins de mâle sur leur virilité...
 
Eleonora sortit de la maison du couple libertin sous un doux soleil printanier qui la réconforta en lui sussurant dans l'oreille que tout cela n'était finalement pas très important et surtout pas très grave. Eleonora allait déjà mieux...

28.04.2008

Saison 1, Episode 5 : Ingrid

Voilà, Armand était parti pour une semaine à Milan afin de découvrir son nouvel environnement, les bureaux, les équipes avec lesquelles il aurait à travailler dans 3 mois, à partir de juin. Ingrid adorait Armand, mais sur le quotidien, il pouvait être agaçant à force d'être aussi étourdi. Armand devait prendre l'avion dimanche dernier à partir de Bruxelles, en fin d'après-midi. Le couple en avait alors profité pour déjeûner et se promener dans la ville avant le départ. Cet idiot, en arrivant à l'aéroport, s'est rendu compte en regardant son billet, qu'il s'était trompé d'une heure trente et que son avion venait tout juste de décoller. "Pour une fois que les avions sont à l'heure !" dit-il à Ingrid au téléphone tandis qu'il lui apprenait cette nouvelle. Ainsi s'était-il borné à commenter cet incident qui ne l'avait d'ailleurs pas plus mis en rogne que ça. Oh, bien sûr, il s'en voulait d'être aussi tête de linotte, mais il avait une faculté à relativiser ce genre de problèmes qui forçait l'admiration.
 
Mais l'avion suivant ne partait que le lendemain matin. Outre qu'il ne s'agissait pas forcément d'une excellente entrée en matière avec ses nouveaux patron, Ingrid refusait de refaire un aller/retour ce dimanche soir et un aller/retour le lundi matin pour réparer les conséquences de l'inconséquence d'Armand. Pour le coup, Armand n'avait pas bien pris la chose. Mais de façon générale, Armand n'allait pas au clash : quand il n'était pas désiré, il préfèrait s'effacer et revenir quand on l'accueillerait à bras ouverts. Alors Armand avait dormi à l'hôtel...
 
Trois jours s'étaient écoulés depuis cet événement. Ingrid avait reçu un coup de fil d'Armand, pour lui décrire un peu l'ambiance et ses premières impressions. Ingrid avait surtout été relancée par un ancien amant, André, un ami d'enfance, qu'elle avait sexuellement testé, un an après avoir initié sa relation avec Armand, pour s'assurer que sa frigidité n'était pas liée à un homme en particulier. Elle avait eu la confirmation qu'Armand n'y était pour pas grand chose. Toujours est-il qu'André l'avait donc recontacté parce qu'il passait par Lille dans 2 semaines, et il aurait aimé la voir. Il lui avait fait comprendre que ce n'était pas forcément en tout bien tout honneur. Ingrid lui avait indiqué en retour qu'elle n'était pas opposée à une rencontre nocturne. Elle s'inventerait un déplacement de 2 jours trop lointain pour faire l'aller et retour dans la journée. Ingrid ne savait pas s'expliquer pourquoi elle acceptait. Ce n'était pas sexuel, évidemment. Pas de son point de vue, en tout cas. Sans doute le fait d'avoir envie de plaire à des hommes avait quelque chose à voir avec sa décision. Elle coucherait donc avec lui tout en étant enceinte d'Armand. Vraiment, le fait qu'elle soit enceinte ou non, ce n'était pas un problème pour elle. Si infraction morale il devait y avoir, c'était de toute façon dans le fait de tromper Armand.
 
Armand, de son côté, faisait connaissance avec les équipes, Milan, et l'Italie. Il était bien conscient qu'une expatriation en Italie ne pouvait être considérée comme un choix de vie très difficile. En même temps, c'était une proposition qu'on lui avait faite, lui qui s'était positionné pour une expatriation dans n'importe quel pays, il voyait mal pourquoi la refuser, même s'il se sentait prêt à prendre pays plus difficile, comme la Pologne ou que sais-je encore ? Tiens son pote de promotion, par exemple, Gaëtan, était parti pour Moscou, et ça, c'était une autre gageure. De toute façon, Armand, ne voulait pas quelque chose de difficile à tout prix, il voulait surtout découvrir un autre monde, et se prouver à lui-même sa capacité d'adaptation. A priori, l'Italie n'allait pas lui poser beaucoup de problèmes. Bon, l'un de ses chefs (il aurait une hiérarchie bicéphale, un truc à vous rendre schizophrène), une femme, n'était pas commode, en tout cas, aussi fermée aux avis contraires aux siens venant de ses subordonnés, qu'ouverte aux sexes masculins susceptibles de lui donner du pouvoir. Aux dires des nouveaux futurs collègues d'Armand, en tout cas. Et de fait, elle n'avait pas semblé très aimable quand elle se sentait dans une position hiérarchique supérieure à celle de son interlocuteur. Armand était bonne pâte, plutôt pacifique de nature, mais il détestait qu'on le traite de façon condescendante et que l'on méprise son opinion. Il acceptait le désaccord, mais pas le mépris. Certes, personne n'aime le mépris, mais, souvent dans le monde du travail, la personne traitée ainsi a souvent tendance à ravaler son orgueil. Sur ce sujet, Armand n'avait que faire du rapport hiérarchique. Il n'était disposé à respecter que les personnes qui lui rendait le même respect. Mais bon, il se disait quand même que ce n'était certainement lors de cette semaine de "stage" qu'il devait faire des remous. Il aurait tout loisir de marquer son territoire par la suite.
 
Par ailleurs, il avait vite compris que le bureau principal, constitué d'une quinzaine de personnes, dont lui, était constitué de clans ne correspondant pas nécessairement aux différents services y figurant. Il avait également vaguement l'impression que le management à l'italienne allait présenter quelques nuances avec le management français. Mais nous aurons l'occasion d'y revenir, à n'en pas douter. En attendant, n'ayant pas franchement grand chose à faire, il s'octroyait de petits horaires, découvrant Milan par la même occasion, accompagné de sa guide, Cristina, une italienne travaillant dans le même service que lui, et qu'il avait connu en France, toujours au sein de la même entreprise. Cristina était une vraie italienne, parlant fort, s'énervant pour un rien et se calmant aussi vite que la colère était montée, avec un corps très bien fait, quoique trop maigre de partout suivant les canons d'Armand, surtout de la poitrine. Elle était bien habillée, très mode, un peu sexy, vraiment à l'italienne. Elle avait surtout un gros défaut physique : une mâchoire supérieure extrêmement avancée et tournée vers l'extérieur, à tel point qu'il ne lui était pas naturel du tout de fermer complètement la bouche. Cristina avait une relation très conflictuelle avec son copain, ce qui fait qu'ils se quittaient et se retrouvaient régulièrement. En ce moment, d'ailleurs, ils étaient séparés, ce qui rendait Cristina très ouverte, notamment envers Armand. Ce-dernier s'en rendait bien compte, et sans être intéressé particulièrement par Cristina, se disait en lui-même qu'il ne refuserait pour autant pas, mais il ne faudrait pas compter sur lui pour faire quelque cour que ce soit. Le gain en vue n'était pas suffisamment attractif pour qu'il fasse des efforts. Il trouvait cette femme très sympathique et lui était reconnaissant de le prendre en charge, mais de là à la draguer, non, ce n'était pas dans ses plans.
 
Mais de toute façon, Cristina, en bonne italienne, n'avait pas besoin qu'Armand l'aide. Vendredi soir, alors que le français prenait son avion le lendemain midi, elle lui proposa un dernier restau et de passer la chercher chez elle vers 20h30. Ce qu'il fit. Cristina était une des rares italiennes du bureau à ne pas habiter chez ses parents. Même certaines personnes mariées habitaient encore chez leurs géniteurs. Il faut reconnaître que les salaires moyens italiens ne sont pas très élevés, contrairement à l'immobilier. Mais ses parents étaient de Basilicate, tout au sud de l'Italie. C'était presque, aux yeux de certains italiens du nord, une immigrée. Cristina habitait donc seule, mais pas franchement un appartement de première catégorie. Elle n'était pas loin de son lieu de travail, et c'était déjà ça, mais son cadre de vie n'était pas folichon. Pas que l'on se sente en insécurité dans son quartier, mais tout était gris et blafard, et les rares parcelles de pelouse n'avaient visiblement pas l'aide d'un jardinier pour survivre dans un état décent. Peu importe, elle était fière de pouvoir vivre à la française, c'est-à-dire en autonomie. Bref, Armand et Cristina passèrent un excellent moment au restaurant, Armand buvant un peu plus que Cristina, Cristina buvant déjà beaucoup et mangeant très peu. Armand découvrait peu à peu les merveilles de la cuisine italienne, insoupçonnables pour qui fréquente les tristes pizzérias qui peuplent les provinces françaises, et là encore, culinairement, il s'était régalé.
 
A l'heure de déposer Cristina chez elle, Armand se vit proposer de monter boire un verre de limoncello, vous savez, cette liqueur servie glacée et très sucrée à base de citron ? Après tout, pourquoi pas ? Ils montèrent. Déjà, dans l'ascenseur, le regard de Cristina fit comprendre à Armand qu'il n'allait pas sortir indemne de ce dernier verre, à moins d'une certaine volonté, ce dont il était relativement dépourvu quant aux affaires de sexe, a fortiori en cas de forte alcoolémie. Armand s'asseya sur ce qui servait de divan - lit à Cristina, lle temps que Cristina lui serve son verre. A son tour, elle s'installa sur le divan, proche, trop proche d'Armand, à tel point qu'il ne pouvait plus que l'embrasser s'il ne voulait pas passer pour un ingrat. Il obtempéra à l'injonction muette. La mâchoire avancée de Cristina fut l'occasion de nouvelles sensations. D'abord, le roulage de patin s'avéra très déstabilisant, car il était impossible d'embrasser la chaleureuse italienne à pleines lèvres et pleine langue, les dents présentant un obstacle quasi-infranchissable. Ensuite, Armand connut une grande première dans toute sa vie sexuelle : la gorge profonde. Sans strictement aucun effort, Cristina pouvait enfourner la verge entière d'Armand sans sentir la moindre gêne, et même une partie de ses couilles. Reconnaissons que le relatif petit sexe d'Armand facilitait encore plus les choses. Celui-ci se dit que rien que pour ça, il avait bien fait de venir. Un de ses amis ayant une grosse expérience sexuelle lui avait fait part des sensations occasionnées par une gorge profonde, ce serrement du gland, le fait de venir toucher la gorge, sans parler du plaisir "intellectuel" de la chose... C'était bien ça, sauf que Cristina pratiquait avec une facilité déconcertante et sans nausée, ce que toute femme normalement constituée risque en pratiquant cela. Armand était tellement bien dans cette bouche transalpine qu'il n'avait pas du tout envie de la sauter. Il restait déstabilisé par ses dents quasiment aggrippées à son pubis, mais savait passer outre compte tenu des merveilleuses sensations obtenues par la magie de cette bouche hors du commun. Mais après avoir bien apprécié l'affaire, il se dit qu'il devait quand même la récompenser de cette grande première pour lui et fit son devoir. Baisant sans capote, conformément à ses exigences, se contentant d'éjaculer sur le ventre de sa partenaire. En plus, il n'avait pas du tout envie que Cristina dise de lui que c'était un mauvais coup. Or, mis à part sa propre femme, Ingrid, il avait plutôt eu du succès auparavant sur ce plan-là.
 
Le lendemain matin, il prit comme prévu son avion, non sans que Cristina ne le gratifia d'une nouvelle fellation : "ça, c'était pour te donner envie de revenir en Italie en juin..." dit-elle alors qu'elle ouvrait les cuisses devant le sexe totalement excité d'Armand.
 
 

26.04.2008

Saison 1, Episode 4 : Fanny

Cette fois-ci, Fanny eût-elle eu l'envie d'abandonner la partie qu'il était trop tard. Enfin, il n'est jamais trop tard, elle était encore sur le quai de la gare de Marseille St-Charles, à embrasser Thomas, ses parents, sa soeur Nathalie, et puis, elle avait un changement à Nice, elle pouvait aussi faire demi-tour, il n'était pas trop tard. Et dans l'absolu, il n'est jamais trop tard. Au fur et à mesure qu'on avance, la décision inverse devient de plus en plus source de conséquences non négligeables, mais en réalité, Fanny savait qu'elle voulait aller à Rome, se démontrer qu'elle pouvait s'assumer. Et puis, elle avait trouvé un appartement en colocation avec d'autres françaises, la solitude risquait de ne pas trop lui peser, quand bien même elle ne connaissait pas encore ses colocataires.
 
Avec Thomas, la dernière nuit n'avait pas été terrible. Elle n'était pas d'humeur, sexuellement. Thomas était triste, pour sa part. Elle l'était beaucoup moins, plus impatiente qu'autre chose, de se débarasser de cette corvée de la nuit de départ. On ne peut pas prétendre qu'elle n'était pas amoureuse de Thomas, mais indéniablement, elle ressentait des sentiments moins forts que Thomas lui-même. Son esprit était pris dans un faisceau de sentiments contradictoires. Elle était amoureuse de Thomas, donc, mais elle ne se voyait pas connaître une seule aventure sentimentale significative et puis se marier avec celle-ci. Elle sentait confusément que Thomas n'était pas le bon, car arrivé trop tôt, mais elle n'avait pas non plus envie d'arrêter. Peut-être le besoin de sentir que quelqu'un l'attendait à Aix pendant qu'elle était à Rome ? Sentir que même si elle prenait le petit risque de partir, chez elle, les choses resteraient immuables, et reprendraient leur cours dès son retour ? Ce qui était sûr, c'est qu'elle allait monter dans son wagon avec soulagement.
 
- Tu viens me voir souvent, Thomas, d'accord ?
- Je te le promets, ma belle...
 
Aucun des deux ne pensaient ce qu'ils disaient, en tout cas, pas le "souvent". Thomas avait un objectif dans sa vie : une femme sympa, mignonne et pas chiante, un boulot sympa et pas chiant, et du temps, beaucoup de temps pour faire de la musique. Et surtout, qu'on ne lui demande pas de déménager. Thomas, aux yeux de Fanny, avait beaucoup de qualités : brun avec une tignasse digne de ce nom qu'on peut prendre dans ses mains au moment de l'orgasme, un corps raisonnablement musclé, une conversation intéressante, un tempérament câlin. Mais il avait aussi des défauts qui lui posaient un vrai problème : il n'était pas du tout curieux de découvrir le monde, son petit monde se résumait en une ligne droite allant de Aix à Marseille et quelques plages alentours et c'était très bien comme ça, et il était d'une jalousie maladive. Ainsi, les décolletés et les chaussures à talon étaient désormais quasiment interdits à Fanny, de même que parler, rire avec un autre homme.  Elle luttait contre ça, bien sûr, ce qui créait d'inévitables frictions. Et donc, de ce point de vue, son départ pour Rome était un double défi à leur relation. Après tout, c'était un bon test, c'est le cas de le dire.
 
Elle monta dans le train, s'apprêtant à son long voyage : le départ était à 17h34, et elle n'arriverait à Rome que le lendemain à 9h33... Après son changement à Nice, elle n'était pas dans un train à couchettes, mais à compartiments, ce qui lui assurait de surcroît un voyage pénible. Il le fût encore plus que prévu car au fur et à mesure des arrêts du train dans des gares italiennes, son compartiment (comme les autres) se remplissait d'italiens dont, en moyenne, les techniques de drague peuvent s'avérer plus directes que dans les moeurs françaises. Fanny, de plus, abhorrait qu'un mec l'aborde sans la connaître avec l'intention évidente de la draguer. Et dans la nuit, entre deux demi-sommeils, ils furent 3 à tenter leur chance. Fanny n'était pas encore à l'aise avec sa pratique orale de la langue italienne. Elle n'était pas mal notée par ses professeurs, mais tenir une conversation courante en italien avec des natifs qui ne parlent de toute façon pas d'autres langues, même pas l'anglais, était encore un peu compliqué. Quoi qu'il en soit, là n'était pas la question, il ne fallait pas la faire chier, ils n'auraient rien d'elle, même pas son fabuleux sourire.
 
Il est temps de parler du sourire de Fanny. Elle mettait n'importe quel homme dans sa poche avec son sourire : Thomas, évidemment, son père, forcément, mais aussi les recruteurs ou les professeurs. Comment faisait-elle ? En fait, il s'agissait de la conjonction entre la taille de son visage, la forme de ce visage et, plus paradoxalement, un défaut dans la formation de sa mâchoire. Son visage était petit, des grands yeux, des joues rondes et une grande bouche. Les dents de Fanny avaient poussé de telles façon que celles de sa mâchoire supérieure étaient particulièrement grandes : blanches, belles et régulières, mais grandes. Mais également de telle façon que sa lèvre inférieure s'était retournée un peu pour finalement s'épaissir. On obtenait donc un sourire magnifique, dont on aurait vraiment dit qu'il montait jusqu'aux oreilles, faisant ressortir la blancheur de ses dents, l'opulence de sa lèvre et le rond de ses joues. Un sourire gourmand et généreux.
 
Même si les italiens qui se succédèrent devant Fanny comprirent relativement vite qu'il n'y avait rien à en espérer, ils restaient à faire semblant de tenir une conversation badine, histoire de ne pas perdre la face. Enfin, vers 3 heures du matin, Fanny put se mettre à somnoler. L'inconfort et le "tadam tadoum, tadam tadoum" du train sur les rails l'empêchaient de sombrer complètement, mais au moins ne passa-t-elle pas une nuit blanche et le temps s'accéléra quelque peu.
 
La gare de Rome était, au contraire d'elle, bien réveillée, mais le soleil de printemps, visiblement en avance dans cette partie de l'Italie, la rassura. Une ville si ensoleillée à cette époque de l'année ne peut que s'avérer accueillante. Elle prit le bus pour rejoindre sa "nouvelle maison".
 
Thomas, lui, se levait tout juste, dans une sorte d'irréalité. La jeune femme qu'il voyait tous les jours ou presque, il avait dû rêver qu'elle était partie pour Rome pendant 6 mois. Cet après-midi, après ses cours, ils allaient se retrouver 1 heure ou 2 comme souvent, voire plus si Fanny était bien lunée... Mais en fait, non, ils n'allaient pas se retrouver. Elle lui avait promis de l'appeler dès qu'elle serait arrivée à son nouveau chez elle. A l'heure qu'il était, elle devait être arrivée à Rome, mais elle avait estimé qu'il lui faudrait encore au moins une heure de plus avant qu'elle ne l'appelle. Comment gérer cette absence ? Thomas ne se sentait pas vraiment déprimé, mais pour le moins, ce matin, on peut dire qu'il manquait d'envies. Même sa guitare ne semblait pas en mesure de le consoler. Ses parents étaient partis travailler depuis une bonne heure maintenant, il était seul pour toute la matinée, et sans doute pour toute l'après-midi car il se voyait bien sécher ses cours.
 
Alors qu'il végétait distraitement en zappant d'une chaîne à l'autre tout en buvant son café, son portable sonna. Fanny.
 
- Allo, Thom' ?
- Oui, c'est moi... Ca va, tu as fait bon voyage, pas de problèmes ?
- Non, non, ça va, je suis juste bien fatiguée, je crois que je vais me coucher.
- Comment est ton appart ? Tes colocs ont l'air sympa ?
- Je ne sais pas, j'en ai vu une, elle m'attendait pour partir en cours, elle s'est juste enfuit après m'avoir laissé mes nouvelles clés.
- Tu me manques déjà, tu sais ?
- Oui, toi aussi... bon, je vais me reposer un peu, d'accord ? Bisous...
- Bisous 
 
Au moins, elle avait appelé. On ne peut pas dire que la prise de contact dans la nouvelle situation avait été chaleureuse, mais elle avait pris le temps d'appeler. Thomas cherchait des raisons de positiver. Et puis, il reprit son activité en essayant de ne pas trop penser à tout cela...