25.04.2008

Saison 1, Episode 3 : Eleonora et Maxime... et Thierry

Elle attaquait son deuxième paquet de la journée, il était 16h, environ. Mais Eleonora ne comptait pas. Quand il s'agissait de se pourrir la santé, on pouvait compter sur elle pour le faire sérieusement. Et encore, ce matin, elle avait réussi à se traîner jusqu'à la salle de fitness d'Antibes la plus proche de son bled, Cagnes-sur-Mer. Elle s'était enfin décidée à essayer de compenser ses abus d'alcool, de clopes et de nuits blanches. Enfin, c'est surtout parce que ses abus d'alcools en tout genre commençaient à dégrader son corps et à lui créer un début de ventre disgrâcieux, et, à défaut d'avoir fait les bons choix sur les hommes auxquels elle accordait sa confiance, elle comptait bien continuer à profiter des diverses bites se proposant pour des services à la soirée. Elle avait besoin de s'accorder cette période "salope", après tout ce que ces putains de français lui avaient fait. Et pour ça, il fallait qu'elle garde son corps en forme. Eleonora jugeait son corps plutôt acceptable, mais quand même, il était plus que temps de lui consacrer un tout petit peu de temps.
 
Cela faisait maintenant 5 ans qu'elle avait quitté son Milan natal pour un français rencontré au hasard de vacances sur la côte ligurienne, à deux heures au sud de Milan. Il ne parlait pas italien, elle ne parlait pas français, qui sait comment une rencontre sur une plage peut se terminer par un mariage deux ans plus tard, et une expatriation dans le gris de Paris dans la foulée ? Qui sait comment une jeune comptable italienne ayant réussi déjà à faire son trou dans une entreprise milanaise de fringues haut de gamme peut accepter d'aller en France faire l'accueil de nuit dans un hôtel Ibis perdu en pleine banlieue ? L'amour... Eleonora ne compte pas, quand elle aime. Pourtant, en pente douce, mais résolument, l'idylle s'est transformée en cauchemar. Des détails, évidemment... Maxime reprochait à Eleonora de trop fumer - c'était vrai -, d'être trop masculine dans son look - ce n'était pas faux -, d'avoir des fréquentations douteuses - des PD... Eleonora reprochait à Maxime de lui faire de moins en moins l'amour. Et pour ça, Eleonora avait des besoins masculins, au moins une fois par jour, mais des besoins qui répondaient à une problématique probablement assez féminine : se rassurer sur le désir de son mari. Et puis, soyons clairs, Eleonora avait besoin de sexe. Grosso modo, elle avait beaucoup appris avec Maxime qui avait 5 ans de plus qu'elle, et elle s'était aperçue qu'elle aimait bien. Et puis, Eleonora avait trouvé un boulot correspondant à son profil, elle recommençait à grimper dans sa boîte, et Maxime en prenait ombrage, car lui végétait en tant que veilleur de nuit.
 
Et puis Maxime a trouvé un boulot plus sympa sur la côte d'Azur, pile au moment ou Eleonora commençait à prendre ses marques, parlait bien le français, s'était créée un réseau infiniment plus développé que celui de Maxime... Mais Eleonora l'avait suivi, se consolant en se disant qu'elle se rapprochait du soleil et de ses parents. Elle était repartie de zéro. Et elle avait regrimpé les échelons, et pendant ce temps, Maxime baisait à couilles rabattues une petite écossaise de 10 ans sa cadette, en tombait amoureux, et Eleonora les avait surpris en levrette sur le balcon de son appartement, alors que les cris de jouissance de la blonde pubère n'étaient pas un modèle de discrétion... Eleonora aime passionnément, à l'italienne, et donc, Eleonora se fâche passionnément, à l'italienne. Du sud, même. La vaisselle a volé, les affaires de Maxime ont fini sur le seuil ou par-dessus le balcon. Maxime s'est enfuit la queue entre les jambes. Il revenait deux jours plus tard pour s'excuser. Eleonora l'a recueilli, mais le week-end suivant, alors qu'ils allaient en boîte avec des amis, elle s'est mise à draguer éhontément le meilleur ami de son futur-ex-mari et, à l'aide d'un peu d'alcool, l'a littéralement pompé sur un canapé pour finalement l'attirer dans les chiottes et conclure l'affaire en bonne et due forme. Quand elle est ressortie, elle a dit à Maxime : "c'est vraiment pas la peine de revenir". Il n'est pas revenu et bien lui en pris, car à l'heure où ces lignes s'écrivent, il y a fort à parier qu'elle ne lui a pas encore pardonné.
 
Et puis, peu de temps après, elle a connu Thierry, un mec vivant d'expédients divers, de petits trafics en tout genre, recèl, maquillage et revente de voitures italiennes en France, notamment. Là, pour le coup, sexuellement, ça été le pied, Thierry était constamment affamé sexuellement, et il la prenait plusieurs fois par jour. Il était de surcroît très inventif et très physique, ce qui convenait parfaitement à Eleonora. Mais Thierry ne baisait pas qu'Eleonora. En fait, il en avait fait sa régulière parce qu'elle l'hébergeait grâcieusement, amoureuse qu'elle était. Thierry ne s'arrêtait quasiment jamais de baiser, sauf pour vendre une voiture. Sa seule erreur, ce fut sa prudence. Eleonora a fini par trouver des préservatifs dans la poche du jean de son homme : il n'y a bien qu'avec elle qu'il n'en mettait pas. Jeté, Thierry, au bout de 6 mois.
 
A 34 ans, elle en avait soupé, des mecs, Eleonora. Mais, elle était obligée de les supporter parce qu'elle n'avait rien trouvé mieux pour prendre son pied qu'une bonne bite expérimentée. Et puis, si elle avait compris une chose de son expérience malheureuse avec Maxime, c'est qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, et qu'elle a beau être physiquement agréable et socialement très ouverte, la féminité reste cruciale. Elle avait abandonné ses docks et sa démarche de camionneur, ses chemises difformes et ses culottes tue-l'amour, et désormais, elle était devenue une digne représentante de la gente féminine italienne. Mais attention, on ne pouvait non plus espérer la ramasser sous prétexte qu'elle finissait immanquablement la soirée bourrée. Non, elle gardait toujours la présence d'esprit de choisir le mec en fonction du feeling, de la capacité du mec à la faire rire, à créer rapidement une vraie complicité. Elle se disait en tout cas qu'à défaut d'un épanouissement total, elle se contenterait bien d'un orgasme, ce soir.

24.04.2008

Saison 1, Episode 2 : Ingrid

Ces dernières 24 heures, Ingrid ne les avaient pas vécues dans une totale sérénité : avant-hier soir, son gynécologue lui avait confirmé qu'elle était enceinte. Elle avait 27 ans, ce n'était pas spécialement trop tôt, et encore moins trop tard pour avoir des enfants, elle avait une situation stable, consultante en informatique, c'est plutôt une bonne place, elle venait d'acheter un appartement dans les faubourgs de Lille avec son ami, Armand, de 2 ans son aîné, qui lui même travaillait et avait un bel avenir dans sa propre boîte...
 
Armand, elle l'avait connnu quand ils étaient étudiants dans la même école de commerce nantaise, il y a 6 ans de cela. Ils s'étaient tournés autour pendant 2, 3 semaines, flirtant à l'ancienne, et puis à la fin d'une soirée étudiante, elle l'avait attendu au beau milieu de la piste de danse, et il avait compris qu'elle était prête. Ils s'étaient embrassés, et ils avaient fini la nuit chez lui. Il ne le savait pas encore, mais il l'avait dépucelée. Elle avait 21 ans... Des expériences sexuelles, elle en avait eu, mais, de sa propre volonté, elle ne voulait pas donner sa chatte à n'importe qui. Il faut reconnaître que, lors de ses expériences précédentes, elle n'avait eu à faire qu'à des hommes en voulant à son énorme poitrine et qui n'avaient pas exactement envie de la connaître plus d'une soirée. Alors, elle suçait, branlait et avalait, mais restait vierge. Armand avait pris plus de temps, il méritait sans doute un traitement à hauteur de ses attentions. Ceci dit, comme elle s'y attendait, la première nuit n'avait pas été grandiose. Les nuits suivantes non plus, elle devait le concéder. En fait, bien que ressentant du désir, elle devait bien se rendre à l'évidence : on frôlait la frigidité.
 
Donc, Ingrid n'était pas sûr qu'Armand prenne cette nouvelle avec joie. Déjà, il ne semblait pas tout-à-fait prêt à jouer un rôle de père. Il se complaisait, comme beaucoup d'hommes de son âge, dans un prolongement de l'adolescence, fuyant les responsabilités, et profitant de son salaire qui croissait relativement rapidement pour faire de beaux voyages et des week-ends de bombance avec ses amis. Et Ingrid appréciait son caractère enjoué et plein d'envies. Elle était le contraire de cela, mais elle avait besoin de cet homme qui lui donnait envie de s'épanouir d'expériences multiples et diverses. Elle le suivait : elle l'avait suivi de Nantes à Lille il y a 3 ans de cela, elle le suivrait sans soucis de Lille à Milan dès juillet. Et puis, il n'avait jamais parlé de mariage. Ou, si, en esquivant le débat par une pirouette : "pour moi, le mariage ne signifie rien : c'est juste une bonne occase pour faire la fête avec les copains". Ingrid ne voulait pas qu'Armand s'enfuit, et elle ne voulait pas non plus avorter. Pour sa part, elle se sentait prête. Elle n'avait pas volontairement attrapé son Polichinelle, elle avait juste mal géré ses pilules et ses relations sexuelles. Elle pensait qu'un oubli ne prêtait pas à conséquence, bien qu'Armand soit, 6 ans après leur rencontre, très demandeur en activités sexuelles de tous ordres.
 
Comment Armand avait-il réagi hier soir ? Avec calme et philosophie, peut-être même sans mesurer toutes les conséquences, fidèle à lui-même. Ingrid avait fait en sorte qu'il soit bien détendu, bien décontracté, et lui avait offert une de ces longues fellations dont elle avait le secret. Plus précisément, elle avait loué un film porno et s'était amusée à imiter en direct toutes les pipes proposées. 6 au total. Il avait éjaculé deux fois et quasiment pas débandé du film. Du coup, dans la chaleur de la couette, il avait reconnu qu'il n'avait pas envisagé à brève échéance d'assumer une mission de papa, mais qu'à son propre avis, il ne serait jamais prêt pour cela dans sa tête, et après tout, pourquoi pas maintenant ? Donc, il lui laissait le choix tout en lui garantissant sa présence et sa participation active. Voilà comment Ingrid s'apprêtait à être maman en entraînant Armand dans cette aventure, pendant que lui-même l'entraînait dans son aventure italienne.
 
Restait à gérer ses propres parents. Ils n'appréciaient guère Armand, réputé un peu branleur - réputation usurpée selon Ingrid -, et étaient très réticents à la voir partir à Milan. Et maintenant, il allait falloir leur faire avaler que le tout premier de leurs petits-enfants allait selon toute probabilité voir le jour en Italie.

23.04.2008

Saison 1, Episode 1 : Fanny

Décidément, la pénétration présentait ses avantages et ses inconvénients. Des avantages, à n'en pas douter, il y en avait. Enfin, quand Thomas prenait son temps... Mais il savait prendre son temps, en général. Des inconvénients, il y en avait aussi. Fanny ne comprenait pas pourquoi les hommes cherchaient à prolonger l'acte sexuel plus que de raison. Bon, ce n'était que le troisième homme à avoir le droit de s'aventurer dans son vagin, c'est vrai.

La première expérience, comme très souvent avait été très pénible. Non seulement elle n'avait eu aucun plaisir, non seulement, elle avait senti passer la douleur lorsque elle avait perdu définitivement sa virginité - quoique, de nos jours, tout est réparable - mais surtout, elle s'était fait jeté pour ainsi dire au saut du lit. Pourtant Fanny avait très jeune décidé de ne confier son intimité qu'à des hommes de confiance (bien que n'ayant pas encore tout-à-fait achevé de donner une définition très précise à l'expression "homme de confiance"). Elle avait décidé très jeune, mais n'avait pas agi spécialement jeune si elle devait comparer avec ses amies. Toujours est-il que son année de terminale s'en était durement ressentie.

Mais ce troisième homme, elle lui faisait confiance, et d'ailleurs, il le lui rendait bien. Ils apprenaient ensemble la sexualité. Cependant, la confiance ne donnait pas un accès all-inclusive au bonheur sexuel. Fanny ne savait pas forcément quoi faire du sexe de son ami quand il était en elle à part aller chercher son propre orgasme. Il est vrai que c'est déjà un objectif intéressant en soi. Et après ? "Allez, merde, Thomas, fais ton affaire, je m'emmerde, là". Bon, elle ne le disait pas, mais elle le pensait relativement fort. Et pourtant, elle ne détestait pas avoir une bite en elle après son orgasme. Mais une bite apaisée, oui, un sexe qui se calme en même temps qu'elle se calme.

Au fond, ce que préférait Fanny, dans le sexe, c'était les câlins. Son orgasme, s'il arrivait, ça lui allait bien, mais le reste, c'était un peu la corvée. Et finalement, à 20 ans, on découvre souvent la sexualité par un angle égoïste. Heureusement, Thomas était doux. Du reste, il avait bien compris que pour garder cette femme qui s'apprêtait à partir à l'étranger pour quelques mois, il valait mieux suivre son rythme. Et il en était amoureux, de cette femme. Cette femme ? Une jeune femme à vrai dire, voire une grande fille... Lui-même, à 20 ans également, n'était guère plus dégrossi. Quelques expériences à droite à gauche, rien de bien convaincant.

Et puis, il avait rencontré Fanny lors d'une soirée qui avait suivi un de ses concerts. En réalité, il avait commencé par faire connaissance avec le décolleté de Fanny. Et puis, avec les yeux de Fanny. Et puis, avec le sourire de Fanny. Fanny avait des avantages, mais pas plus que n'importe quelle belle fille de cet âge, à vrai dire. Elle était sexy en douceur, si cela peut expliquer son apparence. Un beau décolleté, pas trop profond, mais accompagné de ces fameux soutien-gorge push-up, qui mettaient inévitablement en valeur tout le matériel, des beaux cheveux quasiment noirs, de grands yeux noisettes, et une bouche d'une sensualité prometteuse. Le reste du corps était à l'avenant : ni grosse ni maigre, des petits pieds... Et elle avait surtout ce truc qui fait qu'on remarque une fille plutôt qu'une autre : un sourire énorme et attendrissant. Elle commençait à bien maîtriser le pouvoir de son sourire, d'ailleurs.

A l'usage, Thomas avait bien trouvé quelques défaut physiques, mais franchement, rien de rédhibitoire. Et Fanny était bien adaptée au climat de sa ville, Aix-en-Provence : une grosse tendance à la sieste câlineuse. Thomas aurait sans doute apprécié que les siestes soient un peu plus crapuleuses, mais ces longs moments de douceur et de lascivité étaient quand même particulièrement agréables... De plus, Thomas, à part faire de la musique avec ses potes n'avait pas d'autres envies, alors, pourquoi pas un câlin, quitte à évacuer une éventuelle béquille manuellement, dès qu'il rentrait chez lui. Enfin, chez ses parents, bien sûr.

Amoureux qu'il était, Thomas appréhendait déjà le départ de Fanny pour Rome pour 6 mois. Elle s'apprêtait à suivre un stage dans un cabinet de relations publiques. Fanny avait beau lui répéter qu'il n'y avait rien à craindre, Thomas était déjà jaloux avant l'heure. Il savait que Fanny était séduisante. Méfiante des hommes, certes, mais séduisante. Elle avait tout pour séduire un bellâtre italien. Fanny lui avait proposé de venir la voir régulièrement pour le rassurer, ce que, pour des raisons qu'il avait de la peine à s'expliquer et à lui expliquer, il n'était pas sûr de faire. Oh, bien sûr, il avait l'intention de venir, mais il lui semblait clair qu'il ne s'aventurerait pas régulièrement dans la parenthèse romaine de sa copine. Fanny avait bien compris cela, mais cela n'allait pas l'arrêter dans sa décision. Ce qu'on pouvait concéder à Fanny, c'est qu'elle savait ce qu'elle voulait faire de sa vie - étudiante, professionnelle, s'entend -, et qu'elle mettait les moyens en oeuvre. Comme disait Max, ce grand homme libre dans la fameuse chanson, elle savait "doser ses efforts", mais elle atteignait ses objectifs. Et elle ferait son stage jusqu'à fin juillet, comme prévu.

Bref, Fanny partait pour Rome, et ce n'était pas négociable... Tandis que Thomas la raccompagnait chez elle dans un de ces villages tout mignons tout provençaux jouxtant Aix, elle sentait monter ce mélange de petite appréhension, de grande excitation et d'impatience à peine contenue se répandre en elle jusqu'en son bas-ventre. Elle aurait presque pu avoir envie de refaire l'amour, mais là, elle avait hâte de donner congé à Thomas pour dormir un peu avant de faire ses bagages. Elle partait après-demain, mais elle avait déjà la tête à Rome. Et de toute façon, elle revoyait Thomas une dernière fois demain après-midi. A peine arrivée, elle embrassa furtivement le jeune homme et courra chez elle pour éviter la froidure de l'aube de cette fin d'hiver. Elle enfila le pyjama de son père qu'elle avait réquisitionné depuis bien longtemps et sombra rapidement dans un profond sommeil.