31.05.2008

Saison 1, Episode 9 : Eleonora

Bruce Willis.

C'était Bruce Willis. Oui, enfin, il lui ressemblait beaucoup. Bon, c'était pas Bruce Willis, mais il était quand même presque aussi sexy que lui. Ce petit regard narquois en coin accompagné de ce sourire, ces pectoraux saillants dans le marcel blanc. Et puis, son bateau. Il vivait sur son bateau. Ca, c'était le clou du spectacle. Eleonora était désormais revenue de beaucoup de choses, bien sûr, et elle n'était pas dupe. Elle était la proie, mais elle serait aussi la prédatrice. Elle savait bien, cependant, que la plupart des hommes, mariés ou célibataires, étaient consentants. Surtout qu'Eleonora savait allumer sans passer pour une "chaudasse", comme ils disaient. Son rire rauque, son regard noir, profond et souriant, son intransigeance, sa capacité à passer de la colère au rire en passant par les larmes, à créer du lien, disent nos politiques, cela épatait les hommes, et celui qu'elle convoitait toujours plus que les autres.

De plus, outre un papillon sexuel, Eleonora était un véritable papillon social. Elle virevoltait d'une soirée à l'autre d'un groupe à l'autre, sans plus de fidélité de ce point de vue là que du point de vue de son lit. En fait, si, elle avait deux fidélités, son chat Obiwan, le champion pour les câlins gratuits quand elle avait un coup de moins bien. Obiwan sentait bien la mélancolie de sa maîtresse, Eleonora ne pouvait penser à une coïncidence, d'autant qu'elle croyait dans les signes, en bonne italienne. Ce chat gris aux longs poils venait dormir contre la tête d'Eleonora en cas de besoin. Et puis, Carole était la seule qu'elle considérait comme sa vraie amie dans cette région. Elle avait laisser des amis à Paris, un peu à Milan aussi, mais sur cette Côte d'Azur, elle donnait moins facilement sa confiance aux gens. Et son problème, par ailleurs, c'est qu'elle faisait un peu peur aux femmes par son côté masculin et sa faconde incomparable. De toute façon, elle-même préférait la compagnie des hommes, généralement moins hypocrites que les femmes, si l'on savait faire abstraction de leur besoin irrépressible de tremper leur boudoir dans n'importe quelle confiture. Mais du coup, cela compliquait sa tâche, puisque les hommes qui lui inspiraient le plus confiance, elle couchait avec. Comme elle ne voulait pas s'attacher, l'amitié ne venait pas simplement. Il restait les pédés. Autant à Paris, elle en avait trouvé un parfait, avec lequel l'entente était parfaite, bien meilleure qu'avec son mari, d'ailleurs, mais en y réfléchissant bien, ce n'était pas vraiment surprenant. Un vrai con...

Mais revenons à Bruce Willis. Il était restaurateur, en plus d'habiter sur un bateau. Une pizzéria dans les vieux quartiers d'Antibes. Quand elle découvrit cela par une amie qui le connaissait, elle trouva toujours le moyen de motiver ses amis d'aller dans ce local avant de continuer la soirée ailleurs. Elle aborda facilement le restaurateur, et, au fur et à mesure, à 4 ou 5, ils faisaient la fermeture du petit restaurant avec lui. Au fait, il s'appelait Marc. Et un jour, il leur proposa d'aller finir la soirée sur son bateau. C'était la veille de sa fermeture hebdomadaire, ce qui lui permettait de prolonger la soirée. Le groupe accepta, d'autant qu'ils avaient tous bien en tête les objectifs de moins en moins dissimulés d'Eleonora.

Sur les coups de 5h, celui que nous appellerons "Bruce" sortit de sa poche un petit sachet de cocaïne. Eleonora, au taux d'alcoolémie très avancé, n'était pour autant pas forcément à l'aise avec ces drogues dures. Pour montrer l'exemple, Bruce se lançale premier, rejoint par certains des amis d'Eleonora, ceux présentant une certaine expérience en la matière. Eleonora hésita encore, puis décida de tester la poudre, mais dans des proportions qu'elle jugeait inférieures de moitié aux doses que les autres convives s'étaient administrés. Du coup, comme on dit, la fête fut plus folle...

Vers 7h, tous s'égayèrent dans la nature, à l'exception d'Eleonora et, évidemment de Bruce qui était chez lui. Eleonora adorait faire du sexe à l'aube, à la fin d'une nuit d'excès. C'était un peu comme couronner sa débauche. Alors que Bruce achevait de satisfaire un besoin en écoutant ses déjections plonger directement dans l'eau de mer, Eleonora se déshabilla sûre que Bruce ne serait de toute façon pas de ceux qui refuseraient une partie fine en guise de fin de soirée (ou de début de journée, c'est selon). Elle sortit donc nue de la cabine au moment ou Bruce remballait son matériel. Elle s'agenouilla et défourrailla de nouveau le sexe de Bruce, un peu surpris visiblement. Ou mal à l'aise. Ce qui se manifestait en tout cas aux yeux de l'italienne par l'absence quasi complète d'érection, alors que la pipe qu'elle était en train d'effectuer était loin d'être bâclée. Rien n'y faisait, la langue tournant autour du gland, la bouche avalant une couille voire deux pendant que l'autre main branlait... Bruce semblait aimer, mais c'est plus par ses soupirs que par la rigidité de son sexe.

Eleonora pensa alors que c'était le côté "extérieur jour" qui pouvait gêner Bruce. Il faut dire que, potentiellement, ils étaient hautement visibles. Mais en ce dimanche matin, la ville tardait à se réveiller. Mais elle choisit d'essayer dans la cabine et y traîna Bruce par la queue. Elle le poussa sur le lit, et entrepris de lui ranimer de nouveau la flamme. Peine perdue. En désespoir de cause, elle s'essaya à la gorge profonde, une pratique qu'elle ne réalise qu'en cas d'urgence, ayant une trop petite bouche pour complètement satisfaire son partenaire et n'appréciant pas franchement qu'un gland vienne lui chatouiller le fond de la gorge. Physiquement, s'entend, car elle tendait facilement aux hauts le coeur dans cette situation ce qui n'était pas forcément sexy, ni à ses yeux, ni à ceux de la bite qui était appelée à la satisfaire.

Bruce ne bandait toujours pas. Elle se dit qu'en désespoir de cause, elle allait s'asseoir sur sa bouche pour jouir d'une façon clitoridienne, chanceuse qu'elle était d'avoir la double possibilité d'orgasme. Mais ce con dormait... Eleonora, humiliée, se rhabilla et s'en alla. Elle avait pris sa décision: elle rentrait à Milan dès qu'elle trouvait un job. 

15.05.2008

Saison 1, Episode 8 : Ingrid

Hier soir, Ingrid s'était complètement rasé le sexe. Elle savait qu'André était un fan des petites chattes épilées, comme il le disait lui-même. Ce matin, elle était partie au bureau, mais avait embrassé Armand en lui donnant rendez-vous au lendemain soir, prétextant comme prévu un déplacement un peu trop loin pour revenir le jour même. Tout en admettant sa propre culpabilité, elle était avant tout assez excitée de cette soirée clandestine qui finalement allait se dérouler sur Lille. Pour Ingrid, l'excitation était toujours très dissimulée, et ne présentait un caractère sexuel que très relatif. Elle avait surtout besoin de se sentir femme et désirée. Rien que de très normal, sans doute. Il semblait bien qu'entre Armand et elle, l'entente sexuelle n'était pas au rendez-vous du couple, et même si, en soi, ça ne dérangeait pas trop Ingrid, le manque d'intérêt croissant d'Armand pour son corps la fragilisait. Le cercle était relativement vicieux, mais Ingrid n'en était pas arrivée à ce degré de conscientisation du problème.
 
Le soir arrivé, Ingrid était passée dans les toilettes de son entreprise pour y faire quelques petits changements de lingerie. Elle n'était pas à l'aise avec les strings, mais André adorait voir le petit cul bien rond et bien musclé, dépourvu de cellulite, d'Ingrid. Alors, pour la soirée, elle sacrifiait à son amant cette petite entorse à son souci de confort. Elle ajusta évidemment son soutien-gorge assorti. Elle se regarda dans la glace. Ne se trouva pas très belle, comme d'habitude, mais plutôt sûre de son corps, en revanche. Sa belle paire de seins ressortait de même que son cul parfaitement moulé. Le reste du corps, habitué à des séances de jogging très régulières, agrémentées de quelques semi-marathons dans l'année, se tenait on ne peut mieux. Quand Armand l'avait connu, elle sortait d'une phase dépresso-boulimique, et l'entretien de son corps laissait à désirer, de même que sa silhouette. 4 ans après, elle était redevenue affutée sans être sèche pour autant. On pouvait au moins dire qu'Armand l'avait sortie de cette ornière, ce qui lui vaudrait sans doute la reconnaissance éternelle d'Ingrid.
 
André l'attendait à ce bar à vins qui avait pignon sur rue dans Lille. Lui, indéniablement, avait grossi. Il était nettement moins séduisant qu'Armand, mais ce n'était pas là un souci pour Ingrid. Elle avait besoin d'attirer l'attention tout en n'ayant aucun goût ni aucune capacité pour le moindre début de commencement d'esbrouffe. En gros, il fallait aller la chercher... Après un verre de vin, le restaurant fut très sympathique, la conversation tournant pour l'essentiel autour de leur principale passion commune, la BD. Ingrid était d'abord attirée par les qualités graphiques des dessinateurs, Loisel, notamment. D'ailleurs, Armand lui avait offert un dessin encadré de Loisel représentant Clochette dans sa version de Peter Pan. Une Clochette pulpeuse, telle qu'Armand l'avait connue à leurs débuts. Elle appréciait aussi le travail de Bilal et ne manquait pas une seule de ses sorties. André versait plus dans l'héroïc fantasy un genre phare de la bande dessinée, donnant lieu à du très bon, et à du moins bon.
 
Arrivés à l'hôtel, Ingrid ne se montra guère entreprenante, mais André était venu pour baiser et il prit les affaires en main. Il l'embrassa dans l'ascenseur et s'attacha à passer ses mains sous les tissus pour faire un peu plus qu'affleurer sa poitrine. Arrivé dans la chambre, il ne perdit pas de temps à déshabiller Ingrid. Il la laissa enlever son string car il éprouvait toujours un certain plaisir à voir une femme enlever la dernière pièce du puzzle elle-même. Pendant ce temps, il se déshabilla, et, peu sujet à embarras, offrit sa queue à la bouche d'Ingrid. Elle était énorme, et Ingrid, bien qu'ayant déjà utilisé cet ustensile était toujours abasourdie qu'on puisse disposer d'un tel engin. Elle était, notamment, d'une circonférence impressionnante, la longueur semblant plus raisonnable. Ce qui fait qu'elle ne pouvait qu'accueillir le gland d'André dans sa bouche. Tout en tenant les bourses d'André dans sa main, elle léchait son sexe avec force compétence. Ingrid était de la catégorie des suceuses-branleuses redoutablement efficaces. Elle branlait comme un homme, ce qui est relativement rare... Et André, très énervé, ne tarda pas à décharger son sperme dans la bouche d'Ingrid. Il força Ingrid à garder sa bite en bouche un bon moment, alors qu'il expurgeait le reste de sperme issu de ses couilles en tirant bien sur son sexe. Ingrid était très généreuse sur les fellations et, sans particulièrement en apprécier le goût, pouvait avec grande facilité avaler tous les spermes qu'elle avait connus jusqu'alors. Seuls les semences trop alcoolisées l'écoeuraient.
 
Une heure après, André rebandait, et cette fois-ci attaqua Ingrid avec une vigueur renouvelée. Ayant très peu d'éducation sexuelle, André négligea le broute-minou indispensable pour qu'Ingrid puisse espérer avoir un début de plaisir. Si bien qu'il eût assez vite l'impression de s'affairer sur une bête morte. Enfin... disons plutôt qu'il pourrait avoir eu l'impression s'il y avait prêté attention. Lorsqu'il voulut l'enculer, Ingrid refusa tout net, n'acceptant que la verge d'Armand, André l'ayant par trop volumineuse. La sodomie, plus encore que la pénétration classique, ne lui procurait aucun plaisir, et elle n'était pas disposée à souffrir pour André. Celui-ci se décida finalement à lâcher sa deuxième éjaculation de la soirée, nettement moins conséquente, sur la poitrine d'Ingrid. Chacun s'endormit tournant le dos à l'autre...
 
 
 
 

07.05.2008

Saison 1, Episode 7 : Fanny

Le mois de juin à Rome était fabuleux. Fanny savait apprécier cette chaleur, encore plus prégnante que celle qu'elle connaissait à Aix-en-Provence. Comme elle travaillait souvent le soir, elle avait beaucoup de ses matinées libres, et, à l'heure où les romains sont au travail, elle sortait prendre une chioccolata, ce chocolat chaud préparé avec de la crême fraîche, une recette typique de l'Italie. Cela pouvait sembler cliché, mais oui, à l'ombre (ou pas) de l'arbre jouxtant la terrasse du bar à laquelle elle avait pris l'habitude de s'installer, elle regardait circuler les innombrables scooters de Rome, dont beaucoup de pilotes étaient dépourvus de casques, les passants à la conversation bruyante, qui des hauts fonctionnaires de l'état italien, qui de fières femmes aux lunettes de soleil improbables et à la poitrine bombée, le soleil qui montait dans le ciel, cette couleur ocre / jaune qui dominait certains quartiers de la ville... Et puis, ces odeurs de cuisine à l'huile d'olive qui montaient de tous ces trattorie, ristoranti, osterie, pizzerie. Fanny n'avait jamais bien compris les différences de concepts entre ces restaurants, et il faut bien dire qu'aucun italien de sa connaissance depuis qu'elle était à Rome n'avait franchement su lui donner une explication convaincante.
 
Fanny aimait prendre son temps, sentir le temps qui passe, et lors de ces matinées, elle avait l'occasion de vivre à son propre rythme tout en assurant ces grasses matinées dont elle usait et parfois abusait. Et puis, hier soir avait été tout particulier car l'agence pour laquelle elle travaillait avait organisé une soirée réunissant d'une part les vainqueurs du dernier scudetto (le championnat de football italien), l'AS Roma, dont Francesco Totti était déjà la star, et d'autre part quelques hauts dignitaires italiens, dans un restaurant de haute gastronomie romaine réservé à cet effet. Son rôle en amont avait été de faire l'interface entre les invités et les organisateurs, et lors de la soirée, elle avait la charge d'accueillir les joueurs et de participer au bon déroulement de la soirée à partir du moment où cela sortait des compétences du restaurant. Son énorme sourire l'avait naturellement prédisposée à cette mission d'accueil, même si à partir du moment où un joueur romain se montrait un peu trop roucouleur, elle avait cette faculté à se fermer naturellement. Fanny aimait les beaux hommes, ne dédaignait pas non plus de plaire, mais elle détestait - et le mot était faible - être prise pour un gibier. Aucun homme ne l'avait eue dès le premier soir, et aucun homme ne l'aurait le premier soir. Il fallait d'abord gagner sa confiance en tant qu'ami, par exemple, et ensuite, on pouvait peut-être - peut-être - envisager d'obtenir plus de sa place. Mais 2-3 des membres de l'équipe gagnante avait vraiment trop semblé arriver en terrain conquis pour que Fanny juge utile de refuser poliment. A chaque fois que l'un d'eux l'avait abordée, elle avait fermé son sourire et esquivé le personnage sans un mot. Il est vrai que Fanny semblait à première vue toujours très accorte et ouverte, avec - oui, encore - son sourire, son décolleté, qui, sans être obscène, était profond et laissait clairemnt deviner des beaux seins ronds, et un cul d'une rondeur affolante, pas dépourvu de cellulite, mais elle savait s'habiller pour que cela ne se voie pas... Mais Fanny avait toujours considérer que sa façon de s'habiller n'était pas destinée aux hommes mais à se sentir à la hauteur face aux autres femmes, qui plus est en Italie, ou le niveau d'élégance franchissait allègrement un cran comparé à la France.
 
Mais globalement, la soirée s'était bien déroulée, elle avait reçu les félicitations de sa plantureuse et autoritaire patronne, ce qui devait être bon signe. Elle était rentrée à son auberge espagnole à elle vers 4h du matin, qui n'était pas totalement silencieuse. Brigitte, la munichois, avait invité 2 copines allemandes qu'elle avait rencontrées sur le campus romain. Fanny les avait déjà croisées, elles étaient sympathiques, mais là, les 3 teutonnes discouraient en allemand, langue qui était proprement étrangère à la jeune aixoise. Par ailleurs, la belle et nymphomane irlandaise Tatum avait visiblement ramené un nouvel apollon italien, à en juger aux ahanements venant de sa chambre, évoquant de façon assez confondante ceux d'une tenniswoman d'originie yougoslave naturalisée américaine en plein match. Tatum n'était jamais discrète, et à dessein, car elle savait que la majorité des hommes appréciaient ses cris de jouissance souvages et que cela leur donnait encore plus d'ardeur à l'ouvrage, ce qui était, aux dires de Tatum elle-même, assez important, compte tenu du caractère puissamment vaginal de l'irlandaise. Carla, l'espagnole, était couchée, et sa chambre, en apparence du moins, était calme. Fanny alla se coucher et ne tarda pas à s'endormir en dépit des vagissements amoureux italo-irlandais.
 
Ce matin, sur sa terrasse, Fanny pensait à la seule et unique fois ou Thomas était venu en 3 mois, et se disait que leurs retrouvailles avaient été quelque peu mitigées. Elle n'avait eu que modérément eu envie de sexe, ce qu'elle avait dissimulé à Thomas en lui offrant sa bouche plus que de coutume. Elle n'avalait pas, mais elle suçait bien, en tout cas, et elle savait branler Thomas pour se débarrasser de la corvée en 5 minutes pas plus. Et quand ils avaient fait l'amour, il avait dû la lécher très longtemps pour qu'elle soit suffisamment facilement pénétrable. Et c'était sans compter la jalousie de Thomas, ou son incompréhension grandissante quant aux désirs d'expatriation de Fanny... Bref, Fanny, sentait que l'éloignement kilométrique l'éloignait aussi sentimentalament de Thomas. Mais elle n'envisageait certainement pas d'arrêter avec lui, d'abord parce qu'elle le considérait comme un homme de confiance, celui en lequel elle avait réussi à faire le plus confiance jusque là, ensuite, parce qu'il était plutôt doux et câlin, et qu'en mettant le sexe de côté, elle était très dispendieuse en tendresse, et enfin parce que cela rassurait d'être maquée avec un gars de son pays... Et même, avec un gars tout court. En finissant sa chioccolata, Fanny se dit que tous ces problèmes se résorberaient à son retour...

29.04.2008

Saison 1, Episode 6 : Eleonora

Ce fut la lumière qui la réveilla, ce matin. Elle se rappela instantanément, en constatant qu'elle n'était pas chez elle, tout ce qu'elle avait fait la nuit dernière. Elle avait dormi au bord du lit pour ne pas toucher la femme à côté d'elle, cette dernière étant nue et embirlificotée contre le corps de son mari. Elle s'asseya sur le bord du lit, attendant que sa jambe gauche, sujette à des difficultés de circulation sanguine, retrouve sa vigueur et ne lui fasse plus mal. Elle se rhabilla le plus discrètement et rapidement possible, anticipant sur la gêne qu'elle sentirait devant ce couple avec lequel elle avait forniqué cette nuit s'ils se réveillaient. Elle ne se sentait pas extrêmement fière d'elle. N'allait-elle pas un peu trop loin dans l'expérimentation sexuelle ? Surtout dans l'alcool, en fait. Car, elle était convaincue qu'elle n'aurait jamais cédé devant l'insistance de Frank, le mari si elle avait eu les idées claires.
 
Quelques semaines de cela, ce couple qu'elle avait connu au cours de ses pérégrinations régulières et prolongées dans les bars de nuit, lui avait enjoint de venir dîner chez eux. Elle était venue en toute naïveté, pensant sincèrement y manger, boire et bavarder, et n'imaginant pas que ce genre de choses puisse lui arriver. Non pas qu'elle ne s'était jamais vue faire la proposition, mais juste qu'elle n'était pas intéressée. D'une part, la sexualité féminine ne l'attirait pas, à part la sienne, évidemment, d'autre part, elle n'aimait pas du tout partager ses hommes, d'autant plus après toutes ses mésaventures passées, et même s'il ne s'agissait que d'un coup ponctuel. Lors de son arrivée chez Cécile et Frank, elle avait bien trouvé que Cécile était vêtue de façon sexy, une robe longue fendue très haut et un décolleté d'une profondeur abyssale laissant plus que deviner une poitrine en liberté d'une toute autre dimension que celle d'Eleonora - ce qui d'ailleurs, ne concourait pas à la mettre à l'aise, se sentant toujours en infériorité face à des gros seins -, des chaussures à talons fins et hauts. Eleonora s'était bien habillée, mais n'avait pas choisi des fringues envoyant des signes du genre "ce soir, j'ai envie de baiser" aussi évidents que ceux de Cécile. Mais Eleonora s'était simplement fait la réflexion que ce couple n'allait certainement pas s'ennuyer à l'issue du dîner.
 
Celui-ci s'était bien déroulé, beaucoup de rigolades, des bons vins, des plats sympathiques sans être exceptionnels. Quand il s'agissait de mettre de l'ambiance, on peut toujours compter sur Eleonora. Si elle vient, elle sera meneuse. Si elle n'est pas d'humeur, elle ne vient pas. Mais une fois présente, elle n'est pas bégueule, c'est un mec. D'ailleurs, elle préfère parler avec les mecs. Parler chiffons, esthéticiennes, coiffure, bijoux, ça l'a toujours gonflée. Bon, elle n'aime pas non plus parler voitures, ni sport. Mais elle aime parler bouffe, vins, sexe, de tout, de rien, ça oui. Quoi qu'il en soit, Eleonora avait oublié l'impression initiale, elle était gaie, elle sentait doucement l'ivresse la gagner, et mine de rien, quand Frank parlait cul, et au fur et à mesure, il en avait parlé de plus en plus, Eleonora répondait et réalimentait. Elle était d'ailleurs en train d'expliquer sa technique pour les pipes quand Cécile proposa à tous de passer dans le salon pour prendre un petit digestif. Frank et Eleonora obéissèrent de très bon gré, et se dirigèrent dans la pièce voisine, que l'on pourrait qualifier de cosy. Des canapés pour prendre ses aises, des tapis aux couleurs chaudes et sans doute pas récupérés chez le St-Macloud du coin, une table basse en bois massif... Frank disparut pour réapparaître avec quelques bouteilles d'eau de vie diverses. Eleonora n'était en revanche pas forte sur ce type d'alcool, mais Frank avait aussi amené un limoncello au cas où.
 
Quand Cécile réapparut, elle était nue... Eleonora, difficile à effaroucher, ne s'offusqua pas, cependant, elle ne put retenir sa surprise :
 
- Mais, Cécile que t'arrive-t-il ? Un coup de chaud ?
- Non, non Ele, j'avais juste dit que c'était l'heure du dessert.
 
Elle s'agenouilla devant Eleonora puis approcha ses lèvres, mais l'italienne eut un net mouvement de recul. Cécile n'insista pas.
 
- Ca t'embête Ele, si je joue un peu avec le hochet de mon mari ?
- Euh... je crois que je vais partir, je gêne, je pense...
- Non, non Ele, s'interposa alors, Frank. Tiens prend ça.
 
Et il sortit alors un petit pétard, de cette herbe qu'Eleonora avait déjà eu l'occasion d'apprécier récemment. Un peu étourdie par l'alcool, elle renonca à fuir, et, au contraire, accepta la proposition de Frank, cependant que celui-ci avait désormais le pantalon sur les chevilles et le dard fièrement dressé. Quoique... Eleonora n'avait pas bien vu, car l'objet du délit passait la majeure partie du temps dans la bouche de Cécile. Certes, il en ressortait pour une prise en main et un tour de gland à la langue en bonne et due forme, mais cela ne consistait qu'en de courtes étapes de transition.
 
Eleonora était désormais en situation de vol plané en douceur. Pas le brouillard pré-dodo éthylique, plutôt un bien-être détaché de tout. Le couple forniqueur était désormais complètement à poil. Cécile choisit ce moment pour disparaître. C'est alors que Frank tendit la main vers Eleonora qui l'accepta. Elle se leva et suivit Frank jusqu'à sa chambre. Cécile y était déjà, allongée sur le lit. Il fit s'asseoir la célibataire sur le rebord du lit puis lécha copieusement la chatte de sa femme. Doucement, ensuite, il fit s'allonger Eleonora et lui appliqua le même traitement, tandis que Cécile chercha de nouveau à l'embrasser. Non, décidément, même dans la bouche, une langue féminine la rebutait. En revanche, elle laissa Frank s'activer. Ses sensations n'étaient pas suffisamment ouvertes pour un grand plaisir, mais elle disait rarement non à un cunilingus. Elle écarta les jambes pour permettre à la langue de Frank de la pénétrer, mais les referma quand il chercha à mettre trop de doigts. Non, ça non, elle n'appréciait pas. Trois doigts, et encore quand toutes les conditions sont réunies. Puis, Frank se leva, et Cécile réattaqua sa queue, tandis que Frank cherchait à attirer de la main la tête de la seconde femme de sa soirée pour se faire sucer et lécher par deux femmes en stéréo. Mais, non, Eleonora n'était pas fan, et son brouillard n'y changeait rien, elle ne cédait pas. Elle s'allongea sur le lit en attendant et manqua de s'endormir. Mais au moment où elle somnolait, elle sentit un membre s'introduire en elle en même temps qu'un souffle alcoolisé sur son visage. Frank l'avait pénétrée. Cécile léchait l'anus et les couilles de son époux pendant ce temps.
 
Mais Eleonora était désormais partie trop loin, et, alors qu'elle avait une capacité d'atteindre l'orgasme en moins de 3 minutes montre en main, elle savait qu'elle n'y arriverait pas ce soir, et n'en avait pas spécialement envie non plus. Elle avait passivement accepté de jouer avec ce couple, mais l'idée qu'on l'avait faite tomber dans un traquenard derrière l'apparence d'un gentil dîner faisait qu'elle n'accorderait pas à Frank la satisfaction de son propre orgasme. Frank compris assez vite qu'il s'activait en pure perte et finit la nuit à limer sa femme, sans doute un peu déçu, bien qu'Eleonora poussa la conscience professionnelle à caresser les fesses de Frank pendant qu'il sautait Cécile. Il eut l'éjaculation silencieuse, tandis qu'il avait semblé à Eleonora que Cécile forçait un peu ses propres cris de jouissance. Ah, que ne faut-il pas faire pour rassurer ces crétins de mâle sur leur virilité...
 
Eleonora sortit de la maison du couple libertin sous un doux soleil printanier qui la réconforta en lui sussurant dans l'oreille que tout cela n'était finalement pas très important et surtout pas très grave. Eleonora allait déjà mieux...

28.04.2008

Saison 1, Episode 5 : Ingrid

Voilà, Armand était parti pour une semaine à Milan afin de découvrir son nouvel environnement, les bureaux, les équipes avec lesquelles il aurait à travailler dans 3 mois, à partir de juin. Ingrid adorait Armand, mais sur le quotidien, il pouvait être agaçant à force d'être aussi étourdi. Armand devait prendre l'avion dimanche dernier à partir de Bruxelles, en fin d'après-midi. Le couple en avait alors profité pour déjeûner et se promener dans la ville avant le départ. Cet idiot, en arrivant à l'aéroport, s'est rendu compte en regardant son billet, qu'il s'était trompé d'une heure trente et que son avion venait tout juste de décoller. "Pour une fois que les avions sont à l'heure !" dit-il à Ingrid au téléphone tandis qu'il lui apprenait cette nouvelle. Ainsi s'était-il borné à commenter cet incident qui ne l'avait d'ailleurs pas plus mis en rogne que ça. Oh, bien sûr, il s'en voulait d'être aussi tête de linotte, mais il avait une faculté à relativiser ce genre de problèmes qui forçait l'admiration.
 
Mais l'avion suivant ne partait que le lendemain matin. Outre qu'il ne s'agissait pas forcément d'une excellente entrée en matière avec ses nouveaux patron, Ingrid refusait de refaire un aller/retour ce dimanche soir et un aller/retour le lundi matin pour réparer les conséquences de l'inconséquence d'Armand. Pour le coup, Armand n'avait pas bien pris la chose. Mais de façon générale, Armand n'allait pas au clash : quand il n'était pas désiré, il préfèrait s'effacer et revenir quand on l'accueillerait à bras ouverts. Alors Armand avait dormi à l'hôtel...
 
Trois jours s'étaient écoulés depuis cet événement. Ingrid avait reçu un coup de fil d'Armand, pour lui décrire un peu l'ambiance et ses premières impressions. Ingrid avait surtout été relancée par un ancien amant, André, un ami d'enfance, qu'elle avait sexuellement testé, un an après avoir initié sa relation avec Armand, pour s'assurer que sa frigidité n'était pas liée à un homme en particulier. Elle avait eu la confirmation qu'Armand n'y était pour pas grand chose. Toujours est-il qu'André l'avait donc recontacté parce qu'il passait par Lille dans 2 semaines, et il aurait aimé la voir. Il lui avait fait comprendre que ce n'était pas forcément en tout bien tout honneur. Ingrid lui avait indiqué en retour qu'elle n'était pas opposée à une rencontre nocturne. Elle s'inventerait un déplacement de 2 jours trop lointain pour faire l'aller et retour dans la journée. Ingrid ne savait pas s'expliquer pourquoi elle acceptait. Ce n'était pas sexuel, évidemment. Pas de son point de vue, en tout cas. Sans doute le fait d'avoir envie de plaire à des hommes avait quelque chose à voir avec sa décision. Elle coucherait donc avec lui tout en étant enceinte d'Armand. Vraiment, le fait qu'elle soit enceinte ou non, ce n'était pas un problème pour elle. Si infraction morale il devait y avoir, c'était de toute façon dans le fait de tromper Armand.
 
Armand, de son côté, faisait connaissance avec les équipes, Milan, et l'Italie. Il était bien conscient qu'une expatriation en Italie ne pouvait être considérée comme un choix de vie très difficile. En même temps, c'était une proposition qu'on lui avait faite, lui qui s'était positionné pour une expatriation dans n'importe quel pays, il voyait mal pourquoi la refuser, même s'il se sentait prêt à prendre pays plus difficile, comme la Pologne ou que sais-je encore ? Tiens son pote de promotion, par exemple, Gaëtan, était parti pour Moscou, et ça, c'était une autre gageure. De toute façon, Armand, ne voulait pas quelque chose de difficile à tout prix, il voulait surtout découvrir un autre monde, et se prouver à lui-même sa capacité d'adaptation. A priori, l'Italie n'allait pas lui poser beaucoup de problèmes. Bon, l'un de ses chefs (il aurait une hiérarchie bicéphale, un truc à vous rendre schizophrène), une femme, n'était pas commode, en tout cas, aussi fermée aux avis contraires aux siens venant de ses subordonnés, qu'ouverte aux sexes masculins susceptibles de lui donner du pouvoir. Aux dires des nouveaux futurs collègues d'Armand, en tout cas. Et de fait, elle n'avait pas semblé très aimable quand elle se sentait dans une position hiérarchique supérieure à celle de son interlocuteur. Armand était bonne pâte, plutôt pacifique de nature, mais il détestait qu'on le traite de façon condescendante et que l'on méprise son opinion. Il acceptait le désaccord, mais pas le mépris. Certes, personne n'aime le mépris, mais, souvent dans le monde du travail, la personne traitée ainsi a souvent tendance à ravaler son orgueil. Sur ce sujet, Armand n'avait que faire du rapport hiérarchique. Il n'était disposé à respecter que les personnes qui lui rendait le même respect. Mais bon, il se disait quand même que ce n'était certainement lors de cette semaine de "stage" qu'il devait faire des remous. Il aurait tout loisir de marquer son territoire par la suite.
 
Par ailleurs, il avait vite compris que le bureau principal, constitué d'une quinzaine de personnes, dont lui, était constitué de clans ne correspondant pas nécessairement aux différents services y figurant. Il avait également vaguement l'impression que le management à l'italienne allait présenter quelques nuances avec le management français. Mais nous aurons l'occasion d'y revenir, à n'en pas douter. En attendant, n'ayant pas franchement grand chose à faire, il s'octroyait de petits horaires, découvrant Milan par la même occasion, accompagné de sa guide, Cristina, une italienne travaillant dans le même service que lui, et qu'il avait connu en France, toujours au sein de la même entreprise. Cristina était une vraie italienne, parlant fort, s'énervant pour un rien et se calmant aussi vite que la colère était montée, avec un corps très bien fait, quoique trop maigre de partout suivant les canons d'Armand, surtout de la poitrine. Elle était bien habillée, très mode, un peu sexy, vraiment à l'italienne. Elle avait surtout un gros défaut physique : une mâchoire supérieure extrêmement avancée et tournée vers l'extérieur, à tel point qu'il ne lui était pas naturel du tout de fermer complètement la bouche. Cristina avait une relation très conflictuelle avec son copain, ce qui fait qu'ils se quittaient et se retrouvaient régulièrement. En ce moment, d'ailleurs, ils étaient séparés, ce qui rendait Cristina très ouverte, notamment envers Armand. Ce-dernier s'en rendait bien compte, et sans être intéressé particulièrement par Cristina, se disait en lui-même qu'il ne refuserait pour autant pas, mais il ne faudrait pas compter sur lui pour faire quelque cour que ce soit. Le gain en vue n'était pas suffisamment attractif pour qu'il fasse des efforts. Il trouvait cette femme très sympathique et lui était reconnaissant de le prendre en charge, mais de là à la draguer, non, ce n'était pas dans ses plans.
 
Mais de toute façon, Cristina, en bonne italienne, n'avait pas besoin qu'Armand l'aide. Vendredi soir, alors que le français prenait son avion le lendemain midi, elle lui proposa un dernier restau et de passer la chercher chez elle vers 20h30. Ce qu'il fit. Cristina était une des rares italiennes du bureau à ne pas habiter chez ses parents. Même certaines personnes mariées habitaient encore chez leurs géniteurs. Il faut reconnaître que les salaires moyens italiens ne sont pas très élevés, contrairement à l'immobilier. Mais ses parents étaient de Basilicate, tout au sud de l'Italie. C'était presque, aux yeux de certains italiens du nord, une immigrée. Cristina habitait donc seule, mais pas franchement un appartement de première catégorie. Elle n'était pas loin de son lieu de travail, et c'était déjà ça, mais son cadre de vie n'était pas folichon. Pas que l'on se sente en insécurité dans son quartier, mais tout était gris et blafard, et les rares parcelles de pelouse n'avaient visiblement pas l'aide d'un jardinier pour survivre dans un état décent. Peu importe, elle était fière de pouvoir vivre à la française, c'est-à-dire en autonomie. Bref, Armand et Cristina passèrent un excellent moment au restaurant, Armand buvant un peu plus que Cristina, Cristina buvant déjà beaucoup et mangeant très peu. Armand découvrait peu à peu les merveilles de la cuisine italienne, insoupçonnables pour qui fréquente les tristes pizzérias qui peuplent les provinces françaises, et là encore, culinairement, il s'était régalé.
 
A l'heure de déposer Cristina chez elle, Armand se vit proposer de monter boire un verre de limoncello, vous savez, cette liqueur servie glacée et très sucrée à base de citron ? Après tout, pourquoi pas ? Ils montèrent. Déjà, dans l'ascenseur, le regard de Cristina fit comprendre à Armand qu'il n'allait pas sortir indemne de ce dernier verre, à moins d'une certaine volonté, ce dont il était relativement dépourvu quant aux affaires de sexe, a fortiori en cas de forte alcoolémie. Armand s'asseya sur ce qui servait de divan - lit à Cristina, lle temps que Cristina lui serve son verre. A son tour, elle s'installa sur le divan, proche, trop proche d'Armand, à tel point qu'il ne pouvait plus que l'embrasser s'il ne voulait pas passer pour un ingrat. Il obtempéra à l'injonction muette. La mâchoire avancée de Cristina fut l'occasion de nouvelles sensations. D'abord, le roulage de patin s'avéra très déstabilisant, car il était impossible d'embrasser la chaleureuse italienne à pleines lèvres et pleine langue, les dents présentant un obstacle quasi-infranchissable. Ensuite, Armand connut une grande première dans toute sa vie sexuelle : la gorge profonde. Sans strictement aucun effort, Cristina pouvait enfourner la verge entière d'Armand sans sentir la moindre gêne, et même une partie de ses couilles. Reconnaissons que le relatif petit sexe d'Armand facilitait encore plus les choses. Celui-ci se dit que rien que pour ça, il avait bien fait de venir. Un de ses amis ayant une grosse expérience sexuelle lui avait fait part des sensations occasionnées par une gorge profonde, ce serrement du gland, le fait de venir toucher la gorge, sans parler du plaisir "intellectuel" de la chose... C'était bien ça, sauf que Cristina pratiquait avec une facilité déconcertante et sans nausée, ce que toute femme normalement constituée risque en pratiquant cela. Armand était tellement bien dans cette bouche transalpine qu'il n'avait pas du tout envie de la sauter. Il restait déstabilisé par ses dents quasiment aggrippées à son pubis, mais savait passer outre compte tenu des merveilleuses sensations obtenues par la magie de cette bouche hors du commun. Mais après avoir bien apprécié l'affaire, il se dit qu'il devait quand même la récompenser de cette grande première pour lui et fit son devoir. Baisant sans capote, conformément à ses exigences, se contentant d'éjaculer sur le ventre de sa partenaire. En plus, il n'avait pas du tout envie que Cristina dise de lui que c'était un mauvais coup. Or, mis à part sa propre femme, Ingrid, il avait plutôt eu du succès auparavant sur ce plan-là.
 
Le lendemain matin, il prit comme prévu son avion, non sans que Cristina ne le gratifia d'une nouvelle fellation : "ça, c'était pour te donner envie de revenir en Italie en juin..." dit-elle alors qu'elle ouvrait les cuisses devant le sexe totalement excité d'Armand.
 
 

26.04.2008

Saison 1, Episode 4 : Fanny

Cette fois-ci, Fanny eût-elle eu l'envie d'abandonner la partie qu'il était trop tard. Enfin, il n'est jamais trop tard, elle était encore sur le quai de la gare de Marseille St-Charles, à embrasser Thomas, ses parents, sa soeur Nathalie, et puis, elle avait un changement à Nice, elle pouvait aussi faire demi-tour, il n'était pas trop tard. Et dans l'absolu, il n'est jamais trop tard. Au fur et à mesure qu'on avance, la décision inverse devient de plus en plus source de conséquences non négligeables, mais en réalité, Fanny savait qu'elle voulait aller à Rome, se démontrer qu'elle pouvait s'assumer. Et puis, elle avait trouvé un appartement en colocation avec d'autres françaises, la solitude risquait de ne pas trop lui peser, quand bien même elle ne connaissait pas encore ses colocataires.
 
Avec Thomas, la dernière nuit n'avait pas été terrible. Elle n'était pas d'humeur, sexuellement. Thomas était triste, pour sa part. Elle l'était beaucoup moins, plus impatiente qu'autre chose, de se débarasser de cette corvée de la nuit de départ. On ne peut pas prétendre qu'elle n'était pas amoureuse de Thomas, mais indéniablement, elle ressentait des sentiments moins forts que Thomas lui-même. Son esprit était pris dans un faisceau de sentiments contradictoires. Elle était amoureuse de Thomas, donc, mais elle ne se voyait pas connaître une seule aventure sentimentale significative et puis se marier avec celle-ci. Elle sentait confusément que Thomas n'était pas le bon, car arrivé trop tôt, mais elle n'avait pas non plus envie d'arrêter. Peut-être le besoin de sentir que quelqu'un l'attendait à Aix pendant qu'elle était à Rome ? Sentir que même si elle prenait le petit risque de partir, chez elle, les choses resteraient immuables, et reprendraient leur cours dès son retour ? Ce qui était sûr, c'est qu'elle allait monter dans son wagon avec soulagement.
 
- Tu viens me voir souvent, Thomas, d'accord ?
- Je te le promets, ma belle...
 
Aucun des deux ne pensaient ce qu'ils disaient, en tout cas, pas le "souvent". Thomas avait un objectif dans sa vie : une femme sympa, mignonne et pas chiante, un boulot sympa et pas chiant, et du temps, beaucoup de temps pour faire de la musique. Et surtout, qu'on ne lui demande pas de déménager. Thomas, aux yeux de Fanny, avait beaucoup de qualités : brun avec une tignasse digne de ce nom qu'on peut prendre dans ses mains au moment de l'orgasme, un corps raisonnablement musclé, une conversation intéressante, un tempérament câlin. Mais il avait aussi des défauts qui lui posaient un vrai problème : il n'était pas du tout curieux de découvrir le monde, son petit monde se résumait en une ligne droite allant de Aix à Marseille et quelques plages alentours et c'était très bien comme ça, et il était d'une jalousie maladive. Ainsi, les décolletés et les chaussures à talon étaient désormais quasiment interdits à Fanny, de même que parler, rire avec un autre homme.  Elle luttait contre ça, bien sûr, ce qui créait d'inévitables frictions. Et donc, de ce point de vue, son départ pour Rome était un double défi à leur relation. Après tout, c'était un bon test, c'est le cas de le dire.
 
Elle monta dans le train, s'apprêtant à son long voyage : le départ était à 17h34, et elle n'arriverait à Rome que le lendemain à 9h33... Après son changement à Nice, elle n'était pas dans un train à couchettes, mais à compartiments, ce qui lui assurait de surcroît un voyage pénible. Il le fût encore plus que prévu car au fur et à mesure des arrêts du train dans des gares italiennes, son compartiment (comme les autres) se remplissait d'italiens dont, en moyenne, les techniques de drague peuvent s'avérer plus directes que dans les moeurs françaises. Fanny, de plus, abhorrait qu'un mec l'aborde sans la connaître avec l'intention évidente de la draguer. Et dans la nuit, entre deux demi-sommeils, ils furent 3 à tenter leur chance. Fanny n'était pas encore à l'aise avec sa pratique orale de la langue italienne. Elle n'était pas mal notée par ses professeurs, mais tenir une conversation courante en italien avec des natifs qui ne parlent de toute façon pas d'autres langues, même pas l'anglais, était encore un peu compliqué. Quoi qu'il en soit, là n'était pas la question, il ne fallait pas la faire chier, ils n'auraient rien d'elle, même pas son fabuleux sourire.
 
Il est temps de parler du sourire de Fanny. Elle mettait n'importe quel homme dans sa poche avec son sourire : Thomas, évidemment, son père, forcément, mais aussi les recruteurs ou les professeurs. Comment faisait-elle ? En fait, il s'agissait de la conjonction entre la taille de son visage, la forme de ce visage et, plus paradoxalement, un défaut dans la formation de sa mâchoire. Son visage était petit, des grands yeux, des joues rondes et une grande bouche. Les dents de Fanny avaient poussé de telles façon que celles de sa mâchoire supérieure étaient particulièrement grandes : blanches, belles et régulières, mais grandes. Mais également de telle façon que sa lèvre inférieure s'était retournée un peu pour finalement s'épaissir. On obtenait donc un sourire magnifique, dont on aurait vraiment dit qu'il montait jusqu'aux oreilles, faisant ressortir la blancheur de ses dents, l'opulence de sa lèvre et le rond de ses joues. Un sourire gourmand et généreux.
 
Même si les italiens qui se succédèrent devant Fanny comprirent relativement vite qu'il n'y avait rien à en espérer, ils restaient à faire semblant de tenir une conversation badine, histoire de ne pas perdre la face. Enfin, vers 3 heures du matin, Fanny put se mettre à somnoler. L'inconfort et le "tadam tadoum, tadam tadoum" du train sur les rails l'empêchaient de sombrer complètement, mais au moins ne passa-t-elle pas une nuit blanche et le temps s'accéléra quelque peu.
 
La gare de Rome était, au contraire d'elle, bien réveillée, mais le soleil de printemps, visiblement en avance dans cette partie de l'Italie, la rassura. Une ville si ensoleillée à cette époque de l'année ne peut que s'avérer accueillante. Elle prit le bus pour rejoindre sa "nouvelle maison".
 
Thomas, lui, se levait tout juste, dans une sorte d'irréalité. La jeune femme qu'il voyait tous les jours ou presque, il avait dû rêver qu'elle était partie pour Rome pendant 6 mois. Cet après-midi, après ses cours, ils allaient se retrouver 1 heure ou 2 comme souvent, voire plus si Fanny était bien lunée... Mais en fait, non, ils n'allaient pas se retrouver. Elle lui avait promis de l'appeler dès qu'elle serait arrivée à son nouveau chez elle. A l'heure qu'il était, elle devait être arrivée à Rome, mais elle avait estimé qu'il lui faudrait encore au moins une heure de plus avant qu'elle ne l'appelle. Comment gérer cette absence ? Thomas ne se sentait pas vraiment déprimé, mais pour le moins, ce matin, on peut dire qu'il manquait d'envies. Même sa guitare ne semblait pas en mesure de le consoler. Ses parents étaient partis travailler depuis une bonne heure maintenant, il était seul pour toute la matinée, et sans doute pour toute l'après-midi car il se voyait bien sécher ses cours.
 
Alors qu'il végétait distraitement en zappant d'une chaîne à l'autre tout en buvant son café, son portable sonna. Fanny.
 
- Allo, Thom' ?
- Oui, c'est moi... Ca va, tu as fait bon voyage, pas de problèmes ?
- Non, non, ça va, je suis juste bien fatiguée, je crois que je vais me coucher.
- Comment est ton appart ? Tes colocs ont l'air sympa ?
- Je ne sais pas, j'en ai vu une, elle m'attendait pour partir en cours, elle s'est juste enfuit après m'avoir laissé mes nouvelles clés.
- Tu me manques déjà, tu sais ?
- Oui, toi aussi... bon, je vais me reposer un peu, d'accord ? Bisous...
- Bisous 
 
Au moins, elle avait appelé. On ne peut pas dire que la prise de contact dans la nouvelle situation avait été chaleureuse, mais elle avait pris le temps d'appeler. Thomas cherchait des raisons de positiver. Et puis, il reprit son activité en essayant de ne pas trop penser à tout cela...

25.04.2008

Saison 1, Episode 3 : Eleonora et Maxime... et Thierry

Elle attaquait son deuxième paquet de la journée, il était 16h, environ. Mais Eleonora ne comptait pas. Quand il s'agissait de se pourrir la santé, on pouvait compter sur elle pour le faire sérieusement. Et encore, ce matin, elle avait réussi à se traîner jusqu'à la salle de fitness d'Antibes la plus proche de son bled, Cagnes-sur-Mer. Elle s'était enfin décidée à essayer de compenser ses abus d'alcool, de clopes et de nuits blanches. Enfin, c'est surtout parce que ses abus d'alcools en tout genre commençaient à dégrader son corps et à lui créer un début de ventre disgrâcieux, et, à défaut d'avoir fait les bons choix sur les hommes auxquels elle accordait sa confiance, elle comptait bien continuer à profiter des diverses bites se proposant pour des services à la soirée. Elle avait besoin de s'accorder cette période "salope", après tout ce que ces putains de français lui avaient fait. Et pour ça, il fallait qu'elle garde son corps en forme. Eleonora jugeait son corps plutôt acceptable, mais quand même, il était plus que temps de lui consacrer un tout petit peu de temps.
 
Cela faisait maintenant 5 ans qu'elle avait quitté son Milan natal pour un français rencontré au hasard de vacances sur la côte ligurienne, à deux heures au sud de Milan. Il ne parlait pas italien, elle ne parlait pas français, qui sait comment une rencontre sur une plage peut se terminer par un mariage deux ans plus tard, et une expatriation dans le gris de Paris dans la foulée ? Qui sait comment une jeune comptable italienne ayant réussi déjà à faire son trou dans une entreprise milanaise de fringues haut de gamme peut accepter d'aller en France faire l'accueil de nuit dans un hôtel Ibis perdu en pleine banlieue ? L'amour... Eleonora ne compte pas, quand elle aime. Pourtant, en pente douce, mais résolument, l'idylle s'est transformée en cauchemar. Des détails, évidemment... Maxime reprochait à Eleonora de trop fumer - c'était vrai -, d'être trop masculine dans son look - ce n'était pas faux -, d'avoir des fréquentations douteuses - des PD... Eleonora reprochait à Maxime de lui faire de moins en moins l'amour. Et pour ça, Eleonora avait des besoins masculins, au moins une fois par jour, mais des besoins qui répondaient à une problématique probablement assez féminine : se rassurer sur le désir de son mari. Et puis, soyons clairs, Eleonora avait besoin de sexe. Grosso modo, elle avait beaucoup appris avec Maxime qui avait 5 ans de plus qu'elle, et elle s'était aperçue qu'elle aimait bien. Et puis, Eleonora avait trouvé un boulot correspondant à son profil, elle recommençait à grimper dans sa boîte, et Maxime en prenait ombrage, car lui végétait en tant que veilleur de nuit.
 
Et puis Maxime a trouvé un boulot plus sympa sur la côte d'Azur, pile au moment ou Eleonora commençait à prendre ses marques, parlait bien le français, s'était créée un réseau infiniment plus développé que celui de Maxime... Mais Eleonora l'avait suivi, se consolant en se disant qu'elle se rapprochait du soleil et de ses parents. Elle était repartie de zéro. Et elle avait regrimpé les échelons, et pendant ce temps, Maxime baisait à couilles rabattues une petite écossaise de 10 ans sa cadette, en tombait amoureux, et Eleonora les avait surpris en levrette sur le balcon de son appartement, alors que les cris de jouissance de la blonde pubère n'étaient pas un modèle de discrétion... Eleonora aime passionnément, à l'italienne, et donc, Eleonora se fâche passionnément, à l'italienne. Du sud, même. La vaisselle a volé, les affaires de Maxime ont fini sur le seuil ou par-dessus le balcon. Maxime s'est enfuit la queue entre les jambes. Il revenait deux jours plus tard pour s'excuser. Eleonora l'a recueilli, mais le week-end suivant, alors qu'ils allaient en boîte avec des amis, elle s'est mise à draguer éhontément le meilleur ami de son futur-ex-mari et, à l'aide d'un peu d'alcool, l'a littéralement pompé sur un canapé pour finalement l'attirer dans les chiottes et conclure l'affaire en bonne et due forme. Quand elle est ressortie, elle a dit à Maxime : "c'est vraiment pas la peine de revenir". Il n'est pas revenu et bien lui en pris, car à l'heure où ces lignes s'écrivent, il y a fort à parier qu'elle ne lui a pas encore pardonné.
 
Et puis, peu de temps après, elle a connu Thierry, un mec vivant d'expédients divers, de petits trafics en tout genre, recèl, maquillage et revente de voitures italiennes en France, notamment. Là, pour le coup, sexuellement, ça été le pied, Thierry était constamment affamé sexuellement, et il la prenait plusieurs fois par jour. Il était de surcroît très inventif et très physique, ce qui convenait parfaitement à Eleonora. Mais Thierry ne baisait pas qu'Eleonora. En fait, il en avait fait sa régulière parce qu'elle l'hébergeait grâcieusement, amoureuse qu'elle était. Thierry ne s'arrêtait quasiment jamais de baiser, sauf pour vendre une voiture. Sa seule erreur, ce fut sa prudence. Eleonora a fini par trouver des préservatifs dans la poche du jean de son homme : il n'y a bien qu'avec elle qu'il n'en mettait pas. Jeté, Thierry, au bout de 6 mois.
 
A 34 ans, elle en avait soupé, des mecs, Eleonora. Mais, elle était obligée de les supporter parce qu'elle n'avait rien trouvé mieux pour prendre son pied qu'une bonne bite expérimentée. Et puis, si elle avait compris une chose de son expérience malheureuse avec Maxime, c'est qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, et qu'elle a beau être physiquement agréable et socialement très ouverte, la féminité reste cruciale. Elle avait abandonné ses docks et sa démarche de camionneur, ses chemises difformes et ses culottes tue-l'amour, et désormais, elle était devenue une digne représentante de la gente féminine italienne. Mais attention, on ne pouvait non plus espérer la ramasser sous prétexte qu'elle finissait immanquablement la soirée bourrée. Non, elle gardait toujours la présence d'esprit de choisir le mec en fonction du feeling, de la capacité du mec à la faire rire, à créer rapidement une vraie complicité. Elle se disait en tout cas qu'à défaut d'un épanouissement total, elle se contenterait bien d'un orgasme, ce soir.

24.04.2008

Saison 1, Episode 2 : Ingrid

Ces dernières 24 heures, Ingrid ne les avaient pas vécues dans une totale sérénité : avant-hier soir, son gynécologue lui avait confirmé qu'elle était enceinte. Elle avait 27 ans, ce n'était pas spécialement trop tôt, et encore moins trop tard pour avoir des enfants, elle avait une situation stable, consultante en informatique, c'est plutôt une bonne place, elle venait d'acheter un appartement dans les faubourgs de Lille avec son ami, Armand, de 2 ans son aîné, qui lui même travaillait et avait un bel avenir dans sa propre boîte...
 
Armand, elle l'avait connnu quand ils étaient étudiants dans la même école de commerce nantaise, il y a 6 ans de cela. Ils s'étaient tournés autour pendant 2, 3 semaines, flirtant à l'ancienne, et puis à la fin d'une soirée étudiante, elle l'avait attendu au beau milieu de la piste de danse, et il avait compris qu'elle était prête. Ils s'étaient embrassés, et ils avaient fini la nuit chez lui. Il ne le savait pas encore, mais il l'avait dépucelée. Elle avait 21 ans... Des expériences sexuelles, elle en avait eu, mais, de sa propre volonté, elle ne voulait pas donner sa chatte à n'importe qui. Il faut reconnaître que, lors de ses expériences précédentes, elle n'avait eu à faire qu'à des hommes en voulant à son énorme poitrine et qui n'avaient pas exactement envie de la connaître plus d'une soirée. Alors, elle suçait, branlait et avalait, mais restait vierge. Armand avait pris plus de temps, il méritait sans doute un traitement à hauteur de ses attentions. Ceci dit, comme elle s'y attendait, la première nuit n'avait pas été grandiose. Les nuits suivantes non plus, elle devait le concéder. En fait, bien que ressentant du désir, elle devait bien se rendre à l'évidence : on frôlait la frigidité.
 
Donc, Ingrid n'était pas sûr qu'Armand prenne cette nouvelle avec joie. Déjà, il ne semblait pas tout-à-fait prêt à jouer un rôle de père. Il se complaisait, comme beaucoup d'hommes de son âge, dans un prolongement de l'adolescence, fuyant les responsabilités, et profitant de son salaire qui croissait relativement rapidement pour faire de beaux voyages et des week-ends de bombance avec ses amis. Et Ingrid appréciait son caractère enjoué et plein d'envies. Elle était le contraire de cela, mais elle avait besoin de cet homme qui lui donnait envie de s'épanouir d'expériences multiples et diverses. Elle le suivait : elle l'avait suivi de Nantes à Lille il y a 3 ans de cela, elle le suivrait sans soucis de Lille à Milan dès juillet. Et puis, il n'avait jamais parlé de mariage. Ou, si, en esquivant le débat par une pirouette : "pour moi, le mariage ne signifie rien : c'est juste une bonne occase pour faire la fête avec les copains". Ingrid ne voulait pas qu'Armand s'enfuit, et elle ne voulait pas non plus avorter. Pour sa part, elle se sentait prête. Elle n'avait pas volontairement attrapé son Polichinelle, elle avait juste mal géré ses pilules et ses relations sexuelles. Elle pensait qu'un oubli ne prêtait pas à conséquence, bien qu'Armand soit, 6 ans après leur rencontre, très demandeur en activités sexuelles de tous ordres.
 
Comment Armand avait-il réagi hier soir ? Avec calme et philosophie, peut-être même sans mesurer toutes les conséquences, fidèle à lui-même. Ingrid avait fait en sorte qu'il soit bien détendu, bien décontracté, et lui avait offert une de ces longues fellations dont elle avait le secret. Plus précisément, elle avait loué un film porno et s'était amusée à imiter en direct toutes les pipes proposées. 6 au total. Il avait éjaculé deux fois et quasiment pas débandé du film. Du coup, dans la chaleur de la couette, il avait reconnu qu'il n'avait pas envisagé à brève échéance d'assumer une mission de papa, mais qu'à son propre avis, il ne serait jamais prêt pour cela dans sa tête, et après tout, pourquoi pas maintenant ? Donc, il lui laissait le choix tout en lui garantissant sa présence et sa participation active. Voilà comment Ingrid s'apprêtait à être maman en entraînant Armand dans cette aventure, pendant que lui-même l'entraînait dans son aventure italienne.
 
Restait à gérer ses propres parents. Ils n'appréciaient guère Armand, réputé un peu branleur - réputation usurpée selon Ingrid -, et étaient très réticents à la voir partir à Milan. Et maintenant, il allait falloir leur faire avaler que le tout premier de leurs petits-enfants allait selon toute probabilité voir le jour en Italie.

23.04.2008

Saison 1, Episode 1 : Fanny

Décidément, la pénétration présentait ses avantages et ses inconvénients. Des avantages, à n'en pas douter, il y en avait. Enfin, quand Thomas prenait son temps... Mais il savait prendre son temps, en général. Des inconvénients, il y en avait aussi. Fanny ne comprenait pas pourquoi les hommes cherchaient à prolonger l'acte sexuel plus que de raison. Bon, ce n'était que le troisième homme à avoir le droit de s'aventurer dans son vagin, c'est vrai.

La première expérience, comme très souvent avait été très pénible. Non seulement elle n'avait eu aucun plaisir, non seulement, elle avait senti passer la douleur lorsque elle avait perdu définitivement sa virginité - quoique, de nos jours, tout est réparable - mais surtout, elle s'était fait jeté pour ainsi dire au saut du lit. Pourtant Fanny avait très jeune décidé de ne confier son intimité qu'à des hommes de confiance (bien que n'ayant pas encore tout-à-fait achevé de donner une définition très précise à l'expression "homme de confiance"). Elle avait décidé très jeune, mais n'avait pas agi spécialement jeune si elle devait comparer avec ses amies. Toujours est-il que son année de terminale s'en était durement ressentie.

Mais ce troisième homme, elle lui faisait confiance, et d'ailleurs, il le lui rendait bien. Ils apprenaient ensemble la sexualité. Cependant, la confiance ne donnait pas un accès all-inclusive au bonheur sexuel. Fanny ne savait pas forcément quoi faire du sexe de son ami quand il était en elle à part aller chercher son propre orgasme. Il est vrai que c'est déjà un objectif intéressant en soi. Et après ? "Allez, merde, Thomas, fais ton affaire, je m'emmerde, là". Bon, elle ne le disait pas, mais elle le pensait relativement fort. Et pourtant, elle ne détestait pas avoir une bite en elle après son orgasme. Mais une bite apaisée, oui, un sexe qui se calme en même temps qu'elle se calme.

Au fond, ce que préférait Fanny, dans le sexe, c'était les câlins. Son orgasme, s'il arrivait, ça lui allait bien, mais le reste, c'était un peu la corvée. Et finalement, à 20 ans, on découvre souvent la sexualité par un angle égoïste. Heureusement, Thomas était doux. Du reste, il avait bien compris que pour garder cette femme qui s'apprêtait à partir à l'étranger pour quelques mois, il valait mieux suivre son rythme. Et il en était amoureux, de cette femme. Cette femme ? Une jeune femme à vrai dire, voire une grande fille... Lui-même, à 20 ans également, n'était guère plus dégrossi. Quelques expériences à droite à gauche, rien de bien convaincant.

Et puis, il avait rencontré Fanny lors d'une soirée qui avait suivi un de ses concerts. En réalité, il avait commencé par faire connaissance avec le décolleté de Fanny. Et puis, avec les yeux de Fanny. Et puis, avec le sourire de Fanny. Fanny avait des avantages, mais pas plus que n'importe quelle belle fille de cet âge, à vrai dire. Elle était sexy en douceur, si cela peut expliquer son apparence. Un beau décolleté, pas trop profond, mais accompagné de ces fameux soutien-gorge push-up, qui mettaient inévitablement en valeur tout le matériel, des beaux cheveux quasiment noirs, de grands yeux noisettes, et une bouche d'une sensualité prometteuse. Le reste du corps était à l'avenant : ni grosse ni maigre, des petits pieds... Et elle avait surtout ce truc qui fait qu'on remarque une fille plutôt qu'une autre : un sourire énorme et attendrissant. Elle commençait à bien maîtriser le pouvoir de son sourire, d'ailleurs.

A l'usage, Thomas avait bien trouvé quelques défaut physiques, mais franchement, rien de rédhibitoire. Et Fanny était bien adaptée au climat de sa ville, Aix-en-Provence : une grosse tendance à la sieste câlineuse. Thomas aurait sans doute apprécié que les siestes soient un peu plus crapuleuses, mais ces longs moments de douceur et de lascivité étaient quand même particulièrement agréables... De plus, Thomas, à part faire de la musique avec ses potes n'avait pas d'autres envies, alors, pourquoi pas un câlin, quitte à évacuer une éventuelle béquille manuellement, dès qu'il rentrait chez lui. Enfin, chez ses parents, bien sûr.

Amoureux qu'il était, Thomas appréhendait déjà le départ de Fanny pour Rome pour 6 mois. Elle s'apprêtait à suivre un stage dans un cabinet de relations publiques. Fanny avait beau lui répéter qu'il n'y avait rien à craindre, Thomas était déjà jaloux avant l'heure. Il savait que Fanny était séduisante. Méfiante des hommes, certes, mais séduisante. Elle avait tout pour séduire un bellâtre italien. Fanny lui avait proposé de venir la voir régulièrement pour le rassurer, ce que, pour des raisons qu'il avait de la peine à s'expliquer et à lui expliquer, il n'était pas sûr de faire. Oh, bien sûr, il avait l'intention de venir, mais il lui semblait clair qu'il ne s'aventurerait pas régulièrement dans la parenthèse romaine de sa copine. Fanny avait bien compris cela, mais cela n'allait pas l'arrêter dans sa décision. Ce qu'on pouvait concéder à Fanny, c'est qu'elle savait ce qu'elle voulait faire de sa vie - étudiante, professionnelle, s'entend -, et qu'elle mettait les moyens en oeuvre. Comme disait Max, ce grand homme libre dans la fameuse chanson, elle savait "doser ses efforts", mais elle atteignait ses objectifs. Et elle ferait son stage jusqu'à fin juillet, comme prévu.

Bref, Fanny partait pour Rome, et ce n'était pas négociable... Tandis que Thomas la raccompagnait chez elle dans un de ces villages tout mignons tout provençaux jouxtant Aix, elle sentait monter ce mélange de petite appréhension, de grande excitation et d'impatience à peine contenue se répandre en elle jusqu'en son bas-ventre. Elle aurait presque pu avoir envie de refaire l'amour, mais là, elle avait hâte de donner congé à Thomas pour dormir un peu avant de faire ses bagages. Elle partait après-demain, mais elle avait déjà la tête à Rome. Et de toute façon, elle revoyait Thomas une dernière fois demain après-midi. A peine arrivée, elle embrassa furtivement le jeune homme et courra chez elle pour éviter la froidure de l'aube de cette fin d'hiver. Elle enfila le pyjama de son père qu'elle avait réquisitionné depuis bien longtemps et sombra rapidement dans un profond sommeil.