31.05.2008
Saison 1, Episode 9 : Eleonora
Bruce Willis.
C'était Bruce Willis. Oui, enfin, il lui ressemblait beaucoup. Bon, c'était pas Bruce Willis, mais il était quand même presque aussi sexy que lui. Ce petit regard narquois en coin accompagné de ce sourire, ces pectoraux saillants dans le marcel blanc. Et puis, son bateau. Il vivait sur son bateau. Ca, c'était le clou du spectacle. Eleonora était désormais revenue de beaucoup de choses, bien sûr, et elle n'était pas dupe. Elle était la proie, mais elle serait aussi la prédatrice. Elle savait bien, cependant, que la plupart des hommes, mariés ou célibataires, étaient consentants. Surtout qu'Eleonora savait allumer sans passer pour une "chaudasse", comme ils disaient. Son rire rauque, son regard noir, profond et souriant, son intransigeance, sa capacité à passer de la colère au rire en passant par les larmes, à créer du lien, disent nos politiques, cela épatait les hommes, et celui qu'elle convoitait toujours plus que les autres.
De plus, outre un papillon sexuel, Eleonora était un véritable papillon social. Elle virevoltait d'une soirée à l'autre d'un groupe à l'autre, sans plus de fidélité de ce point de vue là que du point de vue de son lit. En fait, si, elle avait deux fidélités, son chat Obiwan, le champion pour les câlins gratuits quand elle avait un coup de moins bien. Obiwan sentait bien la mélancolie de sa maîtresse, Eleonora ne pouvait penser à une coïncidence, d'autant qu'elle croyait dans les signes, en bonne italienne. Ce chat gris aux longs poils venait dormir contre la tête d'Eleonora en cas de besoin. Et puis, Carole était la seule qu'elle considérait comme sa vraie amie dans cette région. Elle avait laisser des amis à Paris, un peu à Milan aussi, mais sur cette Côte d'Azur, elle donnait moins facilement sa confiance aux gens. Et son problème, par ailleurs, c'est qu'elle faisait un peu peur aux femmes par son côté masculin et sa faconde incomparable. De toute façon, elle-même préférait la compagnie des hommes, généralement moins hypocrites que les femmes, si l'on savait faire abstraction de leur besoin irrépressible de tremper leur boudoir dans n'importe quelle confiture. Mais du coup, cela compliquait sa tâche, puisque les hommes qui lui inspiraient le plus confiance, elle couchait avec. Comme elle ne voulait pas s'attacher, l'amitié ne venait pas simplement. Il restait les pédés. Autant à Paris, elle en avait trouvé un parfait, avec lequel l'entente était parfaite, bien meilleure qu'avec son mari, d'ailleurs, mais en y réfléchissant bien, ce n'était pas vraiment surprenant. Un vrai con...
Mais revenons à Bruce Willis. Il était restaurateur, en plus d'habiter sur un bateau. Une pizzéria dans les vieux quartiers d'Antibes. Quand elle découvrit cela par une amie qui le connaissait, elle trouva toujours le moyen de motiver ses amis d'aller dans ce local avant de continuer la soirée ailleurs. Elle aborda facilement le restaurateur, et, au fur et à mesure, à 4 ou 5, ils faisaient la fermeture du petit restaurant avec lui. Au fait, il s'appelait Marc. Et un jour, il leur proposa d'aller finir la soirée sur son bateau. C'était la veille de sa fermeture hebdomadaire, ce qui lui permettait de prolonger la soirée. Le groupe accepta, d'autant qu'ils avaient tous bien en tête les objectifs de moins en moins dissimulés d'Eleonora.
Sur les coups de 5h, celui que nous appellerons "Bruce" sortit de sa poche un petit sachet de cocaïne. Eleonora, au taux d'alcoolémie très avancé, n'était pour autant pas forcément à l'aise avec ces drogues dures. Pour montrer l'exemple, Bruce se lançale premier, rejoint par certains des amis d'Eleonora, ceux présentant une certaine expérience en la matière. Eleonora hésita encore, puis décida de tester la poudre, mais dans des proportions qu'elle jugeait inférieures de moitié aux doses que les autres convives s'étaient administrés. Du coup, comme on dit, la fête fut plus folle...
Vers 7h, tous s'égayèrent dans la nature, à l'exception d'Eleonora et, évidemment de Bruce qui était chez lui. Eleonora adorait faire du sexe à l'aube, à la fin d'une nuit d'excès. C'était un peu comme couronner sa débauche. Alors que Bruce achevait de satisfaire un besoin en écoutant ses déjections plonger directement dans l'eau de mer, Eleonora se déshabilla sûre que Bruce ne serait de toute façon pas de ceux qui refuseraient une partie fine en guise de fin de soirée (ou de début de journée, c'est selon). Elle sortit donc nue de la cabine au moment ou Bruce remballait son matériel. Elle s'agenouilla et défourrailla de nouveau le sexe de Bruce, un peu surpris visiblement. Ou mal à l'aise. Ce qui se manifestait en tout cas aux yeux de l'italienne par l'absence quasi complète d'érection, alors que la pipe qu'elle était en train d'effectuer était loin d'être bâclée. Rien n'y faisait, la langue tournant autour du gland, la bouche avalant une couille voire deux pendant que l'autre main branlait... Bruce semblait aimer, mais c'est plus par ses soupirs que par la rigidité de son sexe.
Eleonora pensa alors que c'était le côté "extérieur jour" qui pouvait gêner Bruce. Il faut dire que, potentiellement, ils étaient hautement visibles. Mais en ce dimanche matin, la ville tardait à se réveiller. Mais elle choisit d'essayer dans la cabine et y traîna Bruce par la queue. Elle le poussa sur le lit, et entrepris de lui ranimer de nouveau la flamme. Peine perdue. En désespoir de cause, elle s'essaya à la gorge profonde, une pratique qu'elle ne réalise qu'en cas d'urgence, ayant une trop petite bouche pour complètement satisfaire son partenaire et n'appréciant pas franchement qu'un gland vienne lui chatouiller le fond de la gorge. Physiquement, s'entend, car elle tendait facilement aux hauts le coeur dans cette situation ce qui n'était pas forcément sexy, ni à ses yeux, ni à ceux de la bite qui était appelée à la satisfaire.
Bruce ne bandait toujours pas. Elle se dit qu'en désespoir de cause, elle allait s'asseoir sur sa bouche pour jouir d'une façon clitoridienne, chanceuse qu'elle était d'avoir la double possibilité d'orgasme. Mais ce con dormait... Eleonora, humiliée, se rhabilla et s'en alla. Elle avait pris sa décision: elle rentrait à Milan dès qu'elle trouvait un job.
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15.05.2008
Saison 1, Episode 8 : Ingrid
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07.05.2008
Saison 1, Episode 7 : Fanny
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29.04.2008
Saison 1, Episode 6 : Eleonora
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28.04.2008
Saison 1, Episode 5 : Ingrid
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26.04.2008
Saison 1, Episode 4 : Fanny
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25.04.2008
Saison 1, Episode 3 : Eleonora et Maxime... et Thierry
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24.04.2008
Saison 1, Episode 2 : Ingrid
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23.04.2008
Saison 1, Episode 1 : Fanny
Décidément, la pénétration présentait ses avantages et ses inconvénients. Des avantages, à n'en pas douter, il y en avait. Enfin, quand Thomas prenait son temps... Mais il savait prendre son temps, en général. Des inconvénients, il y en avait aussi. Fanny ne comprenait pas pourquoi les hommes cherchaient à prolonger l'acte sexuel plus que de raison. Bon, ce n'était que le troisième homme à avoir le droit de s'aventurer dans son vagin, c'est vrai.
La première expérience, comme très souvent avait été très pénible. Non seulement elle n'avait eu aucun plaisir, non seulement, elle avait senti passer la douleur lorsque elle avait perdu définitivement sa virginité - quoique, de nos jours, tout est réparable - mais surtout, elle s'était fait jeté pour ainsi dire au saut du lit. Pourtant Fanny avait très jeune décidé de ne confier son intimité qu'à des hommes de confiance (bien que n'ayant pas encore tout-à-fait achevé de donner une définition très précise à l'expression "homme de confiance"). Elle avait décidé très jeune, mais n'avait pas agi spécialement jeune si elle devait comparer avec ses amies. Toujours est-il que son année de terminale s'en était durement ressentie.
Mais ce troisième homme, elle lui faisait confiance, et d'ailleurs, il le lui rendait bien. Ils apprenaient ensemble la sexualité. Cependant, la confiance ne donnait pas un accès all-inclusive au bonheur sexuel. Fanny ne savait pas forcément quoi faire du sexe de son ami quand il était en elle à part aller chercher son propre orgasme. Il est vrai que c'est déjà un objectif intéressant en soi. Et après ? "Allez, merde, Thomas, fais ton affaire, je m'emmerde, là". Bon, elle ne le disait pas, mais elle le pensait relativement fort. Et pourtant, elle ne détestait pas avoir une bite en elle après son orgasme. Mais une bite apaisée, oui, un sexe qui se calme en même temps qu'elle se calme.
Au fond, ce que préférait Fanny, dans le sexe, c'était les câlins. Son orgasme, s'il arrivait, ça lui allait bien, mais le reste, c'était un peu la corvée. Et finalement, à 20 ans, on découvre souvent la sexualité par un angle égoïste. Heureusement, Thomas était doux. Du reste, il avait bien compris que pour garder cette femme qui s'apprêtait à partir à l'étranger pour quelques mois, il valait mieux suivre son rythme. Et il en était amoureux, de cette femme. Cette femme ? Une jeune femme à vrai dire, voire une grande fille... Lui-même, à 20 ans également, n'était guère plus dégrossi. Quelques expériences à droite à gauche, rien de bien convaincant.
Et puis, il avait rencontré Fanny lors d'une soirée qui avait suivi un de ses concerts. En réalité, il avait commencé par faire connaissance avec le décolleté de Fanny. Et puis, avec les yeux de Fanny. Et puis, avec le sourire de Fanny. Fanny avait des avantages, mais pas plus que n'importe quelle belle fille de cet âge, à vrai dire. Elle était sexy en douceur, si cela peut expliquer son apparence. Un beau décolleté, pas trop profond, mais accompagné de ces fameux soutien-gorge push-up, qui mettaient inévitablement en valeur tout le matériel, des beaux cheveux quasiment noirs, de grands yeux noisettes, et une bouche d'une sensualité prometteuse. Le reste du corps était à l'avenant : ni grosse ni maigre, des petits pieds... Et elle avait surtout ce truc qui fait qu'on remarque une fille plutôt qu'une autre : un sourire énorme et attendrissant. Elle commençait à bien maîtriser le pouvoir de son sourire, d'ailleurs.
A l'usage, Thomas avait bien trouvé quelques défaut physiques, mais franchement, rien de rédhibitoire. Et Fanny était bien adaptée au climat de sa ville, Aix-en-Provence : une grosse tendance à la sieste câlineuse. Thomas aurait sans doute apprécié que les siestes soient un peu plus crapuleuses, mais ces longs moments de douceur et de lascivité étaient quand même particulièrement agréables... De plus, Thomas, à part faire de la musique avec ses potes n'avait pas d'autres envies, alors, pourquoi pas un câlin, quitte à évacuer une éventuelle béquille manuellement, dès qu'il rentrait chez lui. Enfin, chez ses parents, bien sûr.
Amoureux qu'il était, Thomas appréhendait déjà le départ de Fanny pour Rome pour 6 mois. Elle s'apprêtait à suivre un stage dans un cabinet de relations publiques. Fanny avait beau lui répéter qu'il n'y avait rien à craindre, Thomas était déjà jaloux avant l'heure. Il savait que Fanny était séduisante. Méfiante des hommes, certes, mais séduisante. Elle avait tout pour séduire un bellâtre italien. Fanny lui avait proposé de venir la voir régulièrement pour le rassurer, ce que, pour des raisons qu'il avait de la peine à s'expliquer et à lui expliquer, il n'était pas sûr de faire. Oh, bien sûr, il avait l'intention de venir, mais il lui semblait clair qu'il ne s'aventurerait pas régulièrement dans la parenthèse romaine de sa copine. Fanny avait bien compris cela, mais cela n'allait pas l'arrêter dans sa décision. Ce qu'on pouvait concéder à Fanny, c'est qu'elle savait ce qu'elle voulait faire de sa vie - étudiante, professionnelle, s'entend -, et qu'elle mettait les moyens en oeuvre. Comme disait Max, ce grand homme libre dans la fameuse chanson, elle savait "doser ses efforts", mais elle atteignait ses objectifs. Et elle ferait son stage jusqu'à fin juillet, comme prévu.
Bref, Fanny partait pour Rome, et ce n'était pas négociable... Tandis que Thomas la raccompagnait chez elle dans un de ces villages tout mignons tout provençaux jouxtant Aix, elle sentait monter ce mélange de petite appréhension, de grande excitation et d'impatience à peine contenue se répandre en elle jusqu'en son bas-ventre. Elle aurait presque pu avoir envie de refaire l'amour, mais là, elle avait hâte de donner congé à Thomas pour dormir un peu avant de faire ses bagages. Elle partait après-demain, mais elle avait déjà la tête à Rome. Et de toute façon, elle revoyait Thomas une dernière fois demain après-midi. A peine arrivée, elle embrassa furtivement le jeune homme et courra chez elle pour éviter la froidure de l'aube de cette fin d'hiver. Elle enfila le pyjama de son père qu'elle avait réquisitionné depuis bien longtemps et sombra rapidement dans un profond sommeil.
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