31.05.2008

Saison 1, Episode 9 : Eleonora

Bruce Willis.

C'était Bruce Willis. Oui, enfin, il lui ressemblait beaucoup. Bon, c'était pas Bruce Willis, mais il était quand même presque aussi sexy que lui. Ce petit regard narquois en coin accompagné de ce sourire, ces pectoraux saillants dans le marcel blanc. Et puis, son bateau. Il vivait sur son bateau. Ca, c'était le clou du spectacle. Eleonora était désormais revenue de beaucoup de choses, bien sûr, et elle n'était pas dupe. Elle était la proie, mais elle serait aussi la prédatrice. Elle savait bien, cependant, que la plupart des hommes, mariés ou célibataires, étaient consentants. Surtout qu'Eleonora savait allumer sans passer pour une "chaudasse", comme ils disaient. Son rire rauque, son regard noir, profond et souriant, son intransigeance, sa capacité à passer de la colère au rire en passant par les larmes, à créer du lien, disent nos politiques, cela épatait les hommes, et celui qu'elle convoitait toujours plus que les autres.

De plus, outre un papillon sexuel, Eleonora était un véritable papillon social. Elle virevoltait d'une soirée à l'autre d'un groupe à l'autre, sans plus de fidélité de ce point de vue là que du point de vue de son lit. En fait, si, elle avait deux fidélités, son chat Obiwan, le champion pour les câlins gratuits quand elle avait un coup de moins bien. Obiwan sentait bien la mélancolie de sa maîtresse, Eleonora ne pouvait penser à une coïncidence, d'autant qu'elle croyait dans les signes, en bonne italienne. Ce chat gris aux longs poils venait dormir contre la tête d'Eleonora en cas de besoin. Et puis, Carole était la seule qu'elle considérait comme sa vraie amie dans cette région. Elle avait laisser des amis à Paris, un peu à Milan aussi, mais sur cette Côte d'Azur, elle donnait moins facilement sa confiance aux gens. Et son problème, par ailleurs, c'est qu'elle faisait un peu peur aux femmes par son côté masculin et sa faconde incomparable. De toute façon, elle-même préférait la compagnie des hommes, généralement moins hypocrites que les femmes, si l'on savait faire abstraction de leur besoin irrépressible de tremper leur boudoir dans n'importe quelle confiture. Mais du coup, cela compliquait sa tâche, puisque les hommes qui lui inspiraient le plus confiance, elle couchait avec. Comme elle ne voulait pas s'attacher, l'amitié ne venait pas simplement. Il restait les pédés. Autant à Paris, elle en avait trouvé un parfait, avec lequel l'entente était parfaite, bien meilleure qu'avec son mari, d'ailleurs, mais en y réfléchissant bien, ce n'était pas vraiment surprenant. Un vrai con...

Mais revenons à Bruce Willis. Il était restaurateur, en plus d'habiter sur un bateau. Une pizzéria dans les vieux quartiers d'Antibes. Quand elle découvrit cela par une amie qui le connaissait, elle trouva toujours le moyen de motiver ses amis d'aller dans ce local avant de continuer la soirée ailleurs. Elle aborda facilement le restaurateur, et, au fur et à mesure, à 4 ou 5, ils faisaient la fermeture du petit restaurant avec lui. Au fait, il s'appelait Marc. Et un jour, il leur proposa d'aller finir la soirée sur son bateau. C'était la veille de sa fermeture hebdomadaire, ce qui lui permettait de prolonger la soirée. Le groupe accepta, d'autant qu'ils avaient tous bien en tête les objectifs de moins en moins dissimulés d'Eleonora.

Sur les coups de 5h, celui que nous appellerons "Bruce" sortit de sa poche un petit sachet de cocaïne. Eleonora, au taux d'alcoolémie très avancé, n'était pour autant pas forcément à l'aise avec ces drogues dures. Pour montrer l'exemple, Bruce se lançale premier, rejoint par certains des amis d'Eleonora, ceux présentant une certaine expérience en la matière. Eleonora hésita encore, puis décida de tester la poudre, mais dans des proportions qu'elle jugeait inférieures de moitié aux doses que les autres convives s'étaient administrés. Du coup, comme on dit, la fête fut plus folle...

Vers 7h, tous s'égayèrent dans la nature, à l'exception d'Eleonora et, évidemment de Bruce qui était chez lui. Eleonora adorait faire du sexe à l'aube, à la fin d'une nuit d'excès. C'était un peu comme couronner sa débauche. Alors que Bruce achevait de satisfaire un besoin en écoutant ses déjections plonger directement dans l'eau de mer, Eleonora se déshabilla sûre que Bruce ne serait de toute façon pas de ceux qui refuseraient une partie fine en guise de fin de soirée (ou de début de journée, c'est selon). Elle sortit donc nue de la cabine au moment ou Bruce remballait son matériel. Elle s'agenouilla et défourrailla de nouveau le sexe de Bruce, un peu surpris visiblement. Ou mal à l'aise. Ce qui se manifestait en tout cas aux yeux de l'italienne par l'absence quasi complète d'érection, alors que la pipe qu'elle était en train d'effectuer était loin d'être bâclée. Rien n'y faisait, la langue tournant autour du gland, la bouche avalant une couille voire deux pendant que l'autre main branlait... Bruce semblait aimer, mais c'est plus par ses soupirs que par la rigidité de son sexe.

Eleonora pensa alors que c'était le côté "extérieur jour" qui pouvait gêner Bruce. Il faut dire que, potentiellement, ils étaient hautement visibles. Mais en ce dimanche matin, la ville tardait à se réveiller. Mais elle choisit d'essayer dans la cabine et y traîna Bruce par la queue. Elle le poussa sur le lit, et entrepris de lui ranimer de nouveau la flamme. Peine perdue. En désespoir de cause, elle s'essaya à la gorge profonde, une pratique qu'elle ne réalise qu'en cas d'urgence, ayant une trop petite bouche pour complètement satisfaire son partenaire et n'appréciant pas franchement qu'un gland vienne lui chatouiller le fond de la gorge. Physiquement, s'entend, car elle tendait facilement aux hauts le coeur dans cette situation ce qui n'était pas forcément sexy, ni à ses yeux, ni à ceux de la bite qui était appelée à la satisfaire.

Bruce ne bandait toujours pas. Elle se dit qu'en désespoir de cause, elle allait s'asseoir sur sa bouche pour jouir d'une façon clitoridienne, chanceuse qu'elle était d'avoir la double possibilité d'orgasme. Mais ce con dormait... Eleonora, humiliée, se rhabilla et s'en alla. Elle avait pris sa décision: elle rentrait à Milan dès qu'elle trouvait un job. 

28.04.2008

Saison 1, Episode 5 : Ingrid

Voilà, Armand était parti pour une semaine à Milan afin de découvrir son nouvel environnement, les bureaux, les équipes avec lesquelles il aurait à travailler dans 3 mois, à partir de juin. Ingrid adorait Armand, mais sur le quotidien, il pouvait être agaçant à force d'être aussi étourdi. Armand devait prendre l'avion dimanche dernier à partir de Bruxelles, en fin d'après-midi. Le couple en avait alors profité pour déjeûner et se promener dans la ville avant le départ. Cet idiot, en arrivant à l'aéroport, s'est rendu compte en regardant son billet, qu'il s'était trompé d'une heure trente et que son avion venait tout juste de décoller. "Pour une fois que les avions sont à l'heure !" dit-il à Ingrid au téléphone tandis qu'il lui apprenait cette nouvelle. Ainsi s'était-il borné à commenter cet incident qui ne l'avait d'ailleurs pas plus mis en rogne que ça. Oh, bien sûr, il s'en voulait d'être aussi tête de linotte, mais il avait une faculté à relativiser ce genre de problèmes qui forçait l'admiration.
 
Mais l'avion suivant ne partait que le lendemain matin. Outre qu'il ne s'agissait pas forcément d'une excellente entrée en matière avec ses nouveaux patron, Ingrid refusait de refaire un aller/retour ce dimanche soir et un aller/retour le lundi matin pour réparer les conséquences de l'inconséquence d'Armand. Pour le coup, Armand n'avait pas bien pris la chose. Mais de façon générale, Armand n'allait pas au clash : quand il n'était pas désiré, il préfèrait s'effacer et revenir quand on l'accueillerait à bras ouverts. Alors Armand avait dormi à l'hôtel...
 
Trois jours s'étaient écoulés depuis cet événement. Ingrid avait reçu un coup de fil d'Armand, pour lui décrire un peu l'ambiance et ses premières impressions. Ingrid avait surtout été relancée par un ancien amant, André, un ami d'enfance, qu'elle avait sexuellement testé, un an après avoir initié sa relation avec Armand, pour s'assurer que sa frigidité n'était pas liée à un homme en particulier. Elle avait eu la confirmation qu'Armand n'y était pour pas grand chose. Toujours est-il qu'André l'avait donc recontacté parce qu'il passait par Lille dans 2 semaines, et il aurait aimé la voir. Il lui avait fait comprendre que ce n'était pas forcément en tout bien tout honneur. Ingrid lui avait indiqué en retour qu'elle n'était pas opposée à une rencontre nocturne. Elle s'inventerait un déplacement de 2 jours trop lointain pour faire l'aller et retour dans la journée. Ingrid ne savait pas s'expliquer pourquoi elle acceptait. Ce n'était pas sexuel, évidemment. Pas de son point de vue, en tout cas. Sans doute le fait d'avoir envie de plaire à des hommes avait quelque chose à voir avec sa décision. Elle coucherait donc avec lui tout en étant enceinte d'Armand. Vraiment, le fait qu'elle soit enceinte ou non, ce n'était pas un problème pour elle. Si infraction morale il devait y avoir, c'était de toute façon dans le fait de tromper Armand.
 
Armand, de son côté, faisait connaissance avec les équipes, Milan, et l'Italie. Il était bien conscient qu'une expatriation en Italie ne pouvait être considérée comme un choix de vie très difficile. En même temps, c'était une proposition qu'on lui avait faite, lui qui s'était positionné pour une expatriation dans n'importe quel pays, il voyait mal pourquoi la refuser, même s'il se sentait prêt à prendre pays plus difficile, comme la Pologne ou que sais-je encore ? Tiens son pote de promotion, par exemple, Gaëtan, était parti pour Moscou, et ça, c'était une autre gageure. De toute façon, Armand, ne voulait pas quelque chose de difficile à tout prix, il voulait surtout découvrir un autre monde, et se prouver à lui-même sa capacité d'adaptation. A priori, l'Italie n'allait pas lui poser beaucoup de problèmes. Bon, l'un de ses chefs (il aurait une hiérarchie bicéphale, un truc à vous rendre schizophrène), une femme, n'était pas commode, en tout cas, aussi fermée aux avis contraires aux siens venant de ses subordonnés, qu'ouverte aux sexes masculins susceptibles de lui donner du pouvoir. Aux dires des nouveaux futurs collègues d'Armand, en tout cas. Et de fait, elle n'avait pas semblé très aimable quand elle se sentait dans une position hiérarchique supérieure à celle de son interlocuteur. Armand était bonne pâte, plutôt pacifique de nature, mais il détestait qu'on le traite de façon condescendante et que l'on méprise son opinion. Il acceptait le désaccord, mais pas le mépris. Certes, personne n'aime le mépris, mais, souvent dans le monde du travail, la personne traitée ainsi a souvent tendance à ravaler son orgueil. Sur ce sujet, Armand n'avait que faire du rapport hiérarchique. Il n'était disposé à respecter que les personnes qui lui rendait le même respect. Mais bon, il se disait quand même que ce n'était certainement lors de cette semaine de "stage" qu'il devait faire des remous. Il aurait tout loisir de marquer son territoire par la suite.
 
Par ailleurs, il avait vite compris que le bureau principal, constitué d'une quinzaine de personnes, dont lui, était constitué de clans ne correspondant pas nécessairement aux différents services y figurant. Il avait également vaguement l'impression que le management à l'italienne allait présenter quelques nuances avec le management français. Mais nous aurons l'occasion d'y revenir, à n'en pas douter. En attendant, n'ayant pas franchement grand chose à faire, il s'octroyait de petits horaires, découvrant Milan par la même occasion, accompagné de sa guide, Cristina, une italienne travaillant dans le même service que lui, et qu'il avait connu en France, toujours au sein de la même entreprise. Cristina était une vraie italienne, parlant fort, s'énervant pour un rien et se calmant aussi vite que la colère était montée, avec un corps très bien fait, quoique trop maigre de partout suivant les canons d'Armand, surtout de la poitrine. Elle était bien habillée, très mode, un peu sexy, vraiment à l'italienne. Elle avait surtout un gros défaut physique : une mâchoire supérieure extrêmement avancée et tournée vers l'extérieur, à tel point qu'il ne lui était pas naturel du tout de fermer complètement la bouche. Cristina avait une relation très conflictuelle avec son copain, ce qui fait qu'ils se quittaient et se retrouvaient régulièrement. En ce moment, d'ailleurs, ils étaient séparés, ce qui rendait Cristina très ouverte, notamment envers Armand. Ce-dernier s'en rendait bien compte, et sans être intéressé particulièrement par Cristina, se disait en lui-même qu'il ne refuserait pour autant pas, mais il ne faudrait pas compter sur lui pour faire quelque cour que ce soit. Le gain en vue n'était pas suffisamment attractif pour qu'il fasse des efforts. Il trouvait cette femme très sympathique et lui était reconnaissant de le prendre en charge, mais de là à la draguer, non, ce n'était pas dans ses plans.
 
Mais de toute façon, Cristina, en bonne italienne, n'avait pas besoin qu'Armand l'aide. Vendredi soir, alors que le français prenait son avion le lendemain midi, elle lui proposa un dernier restau et de passer la chercher chez elle vers 20h30. Ce qu'il fit. Cristina était une des rares italiennes du bureau à ne pas habiter chez ses parents. Même certaines personnes mariées habitaient encore chez leurs géniteurs. Il faut reconnaître que les salaires moyens italiens ne sont pas très élevés, contrairement à l'immobilier. Mais ses parents étaient de Basilicate, tout au sud de l'Italie. C'était presque, aux yeux de certains italiens du nord, une immigrée. Cristina habitait donc seule, mais pas franchement un appartement de première catégorie. Elle n'était pas loin de son lieu de travail, et c'était déjà ça, mais son cadre de vie n'était pas folichon. Pas que l'on se sente en insécurité dans son quartier, mais tout était gris et blafard, et les rares parcelles de pelouse n'avaient visiblement pas l'aide d'un jardinier pour survivre dans un état décent. Peu importe, elle était fière de pouvoir vivre à la française, c'est-à-dire en autonomie. Bref, Armand et Cristina passèrent un excellent moment au restaurant, Armand buvant un peu plus que Cristina, Cristina buvant déjà beaucoup et mangeant très peu. Armand découvrait peu à peu les merveilles de la cuisine italienne, insoupçonnables pour qui fréquente les tristes pizzérias qui peuplent les provinces françaises, et là encore, culinairement, il s'était régalé.
 
A l'heure de déposer Cristina chez elle, Armand se vit proposer de monter boire un verre de limoncello, vous savez, cette liqueur servie glacée et très sucrée à base de citron ? Après tout, pourquoi pas ? Ils montèrent. Déjà, dans l'ascenseur, le regard de Cristina fit comprendre à Armand qu'il n'allait pas sortir indemne de ce dernier verre, à moins d'une certaine volonté, ce dont il était relativement dépourvu quant aux affaires de sexe, a fortiori en cas de forte alcoolémie. Armand s'asseya sur ce qui servait de divan - lit à Cristina, lle temps que Cristina lui serve son verre. A son tour, elle s'installa sur le divan, proche, trop proche d'Armand, à tel point qu'il ne pouvait plus que l'embrasser s'il ne voulait pas passer pour un ingrat. Il obtempéra à l'injonction muette. La mâchoire avancée de Cristina fut l'occasion de nouvelles sensations. D'abord, le roulage de patin s'avéra très déstabilisant, car il était impossible d'embrasser la chaleureuse italienne à pleines lèvres et pleine langue, les dents présentant un obstacle quasi-infranchissable. Ensuite, Armand connut une grande première dans toute sa vie sexuelle : la gorge profonde. Sans strictement aucun effort, Cristina pouvait enfourner la verge entière d'Armand sans sentir la moindre gêne, et même une partie de ses couilles. Reconnaissons que le relatif petit sexe d'Armand facilitait encore plus les choses. Celui-ci se dit que rien que pour ça, il avait bien fait de venir. Un de ses amis ayant une grosse expérience sexuelle lui avait fait part des sensations occasionnées par une gorge profonde, ce serrement du gland, le fait de venir toucher la gorge, sans parler du plaisir "intellectuel" de la chose... C'était bien ça, sauf que Cristina pratiquait avec une facilité déconcertante et sans nausée, ce que toute femme normalement constituée risque en pratiquant cela. Armand était tellement bien dans cette bouche transalpine qu'il n'avait pas du tout envie de la sauter. Il restait déstabilisé par ses dents quasiment aggrippées à son pubis, mais savait passer outre compte tenu des merveilleuses sensations obtenues par la magie de cette bouche hors du commun. Mais après avoir bien apprécié l'affaire, il se dit qu'il devait quand même la récompenser de cette grande première pour lui et fit son devoir. Baisant sans capote, conformément à ses exigences, se contentant d'éjaculer sur le ventre de sa partenaire. En plus, il n'avait pas du tout envie que Cristina dise de lui que c'était un mauvais coup. Or, mis à part sa propre femme, Ingrid, il avait plutôt eu du succès auparavant sur ce plan-là.
 
Le lendemain matin, il prit comme prévu son avion, non sans que Cristina ne le gratifia d'une nouvelle fellation : "ça, c'était pour te donner envie de revenir en Italie en juin..." dit-elle alors qu'elle ouvrait les cuisses devant le sexe totalement excité d'Armand.
 
 

25.04.2008

Saison 1, Episode 3 : Eleonora et Maxime... et Thierry

Elle attaquait son deuxième paquet de la journée, il était 16h, environ. Mais Eleonora ne comptait pas. Quand il s'agissait de se pourrir la santé, on pouvait compter sur elle pour le faire sérieusement. Et encore, ce matin, elle avait réussi à se traîner jusqu'à la salle de fitness d'Antibes la plus proche de son bled, Cagnes-sur-Mer. Elle s'était enfin décidée à essayer de compenser ses abus d'alcool, de clopes et de nuits blanches. Enfin, c'est surtout parce que ses abus d'alcools en tout genre commençaient à dégrader son corps et à lui créer un début de ventre disgrâcieux, et, à défaut d'avoir fait les bons choix sur les hommes auxquels elle accordait sa confiance, elle comptait bien continuer à profiter des diverses bites se proposant pour des services à la soirée. Elle avait besoin de s'accorder cette période "salope", après tout ce que ces putains de français lui avaient fait. Et pour ça, il fallait qu'elle garde son corps en forme. Eleonora jugeait son corps plutôt acceptable, mais quand même, il était plus que temps de lui consacrer un tout petit peu de temps.
 
Cela faisait maintenant 5 ans qu'elle avait quitté son Milan natal pour un français rencontré au hasard de vacances sur la côte ligurienne, à deux heures au sud de Milan. Il ne parlait pas italien, elle ne parlait pas français, qui sait comment une rencontre sur une plage peut se terminer par un mariage deux ans plus tard, et une expatriation dans le gris de Paris dans la foulée ? Qui sait comment une jeune comptable italienne ayant réussi déjà à faire son trou dans une entreprise milanaise de fringues haut de gamme peut accepter d'aller en France faire l'accueil de nuit dans un hôtel Ibis perdu en pleine banlieue ? L'amour... Eleonora ne compte pas, quand elle aime. Pourtant, en pente douce, mais résolument, l'idylle s'est transformée en cauchemar. Des détails, évidemment... Maxime reprochait à Eleonora de trop fumer - c'était vrai -, d'être trop masculine dans son look - ce n'était pas faux -, d'avoir des fréquentations douteuses - des PD... Eleonora reprochait à Maxime de lui faire de moins en moins l'amour. Et pour ça, Eleonora avait des besoins masculins, au moins une fois par jour, mais des besoins qui répondaient à une problématique probablement assez féminine : se rassurer sur le désir de son mari. Et puis, soyons clairs, Eleonora avait besoin de sexe. Grosso modo, elle avait beaucoup appris avec Maxime qui avait 5 ans de plus qu'elle, et elle s'était aperçue qu'elle aimait bien. Et puis, Eleonora avait trouvé un boulot correspondant à son profil, elle recommençait à grimper dans sa boîte, et Maxime en prenait ombrage, car lui végétait en tant que veilleur de nuit.
 
Et puis Maxime a trouvé un boulot plus sympa sur la côte d'Azur, pile au moment ou Eleonora commençait à prendre ses marques, parlait bien le français, s'était créée un réseau infiniment plus développé que celui de Maxime... Mais Eleonora l'avait suivi, se consolant en se disant qu'elle se rapprochait du soleil et de ses parents. Elle était repartie de zéro. Et elle avait regrimpé les échelons, et pendant ce temps, Maxime baisait à couilles rabattues une petite écossaise de 10 ans sa cadette, en tombait amoureux, et Eleonora les avait surpris en levrette sur le balcon de son appartement, alors que les cris de jouissance de la blonde pubère n'étaient pas un modèle de discrétion... Eleonora aime passionnément, à l'italienne, et donc, Eleonora se fâche passionnément, à l'italienne. Du sud, même. La vaisselle a volé, les affaires de Maxime ont fini sur le seuil ou par-dessus le balcon. Maxime s'est enfuit la queue entre les jambes. Il revenait deux jours plus tard pour s'excuser. Eleonora l'a recueilli, mais le week-end suivant, alors qu'ils allaient en boîte avec des amis, elle s'est mise à draguer éhontément le meilleur ami de son futur-ex-mari et, à l'aide d'un peu d'alcool, l'a littéralement pompé sur un canapé pour finalement l'attirer dans les chiottes et conclure l'affaire en bonne et due forme. Quand elle est ressortie, elle a dit à Maxime : "c'est vraiment pas la peine de revenir". Il n'est pas revenu et bien lui en pris, car à l'heure où ces lignes s'écrivent, il y a fort à parier qu'elle ne lui a pas encore pardonné.
 
Et puis, peu de temps après, elle a connu Thierry, un mec vivant d'expédients divers, de petits trafics en tout genre, recèl, maquillage et revente de voitures italiennes en France, notamment. Là, pour le coup, sexuellement, ça été le pied, Thierry était constamment affamé sexuellement, et il la prenait plusieurs fois par jour. Il était de surcroît très inventif et très physique, ce qui convenait parfaitement à Eleonora. Mais Thierry ne baisait pas qu'Eleonora. En fait, il en avait fait sa régulière parce qu'elle l'hébergeait grâcieusement, amoureuse qu'elle était. Thierry ne s'arrêtait quasiment jamais de baiser, sauf pour vendre une voiture. Sa seule erreur, ce fut sa prudence. Eleonora a fini par trouver des préservatifs dans la poche du jean de son homme : il n'y a bien qu'avec elle qu'il n'en mettait pas. Jeté, Thierry, au bout de 6 mois.
 
A 34 ans, elle en avait soupé, des mecs, Eleonora. Mais, elle était obligée de les supporter parce qu'elle n'avait rien trouvé mieux pour prendre son pied qu'une bonne bite expérimentée. Et puis, si elle avait compris une chose de son expérience malheureuse avec Maxime, c'est qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, et qu'elle a beau être physiquement agréable et socialement très ouverte, la féminité reste cruciale. Elle avait abandonné ses docks et sa démarche de camionneur, ses chemises difformes et ses culottes tue-l'amour, et désormais, elle était devenue une digne représentante de la gente féminine italienne. Mais attention, on ne pouvait non plus espérer la ramasser sous prétexte qu'elle finissait immanquablement la soirée bourrée. Non, elle gardait toujours la présence d'esprit de choisir le mec en fonction du feeling, de la capacité du mec à la faire rire, à créer rapidement une vraie complicité. Elle se disait en tout cas qu'à défaut d'un épanouissement total, elle se contenterait bien d'un orgasme, ce soir.

24.04.2008

Saison 1, Episode 2 : Ingrid

Ces dernières 24 heures, Ingrid ne les avaient pas vécues dans une totale sérénité : avant-hier soir, son gynécologue lui avait confirmé qu'elle était enceinte. Elle avait 27 ans, ce n'était pas spécialement trop tôt, et encore moins trop tard pour avoir des enfants, elle avait une situation stable, consultante en informatique, c'est plutôt une bonne place, elle venait d'acheter un appartement dans les faubourgs de Lille avec son ami, Armand, de 2 ans son aîné, qui lui même travaillait et avait un bel avenir dans sa propre boîte...
 
Armand, elle l'avait connnu quand ils étaient étudiants dans la même école de commerce nantaise, il y a 6 ans de cela. Ils s'étaient tournés autour pendant 2, 3 semaines, flirtant à l'ancienne, et puis à la fin d'une soirée étudiante, elle l'avait attendu au beau milieu de la piste de danse, et il avait compris qu'elle était prête. Ils s'étaient embrassés, et ils avaient fini la nuit chez lui. Il ne le savait pas encore, mais il l'avait dépucelée. Elle avait 21 ans... Des expériences sexuelles, elle en avait eu, mais, de sa propre volonté, elle ne voulait pas donner sa chatte à n'importe qui. Il faut reconnaître que, lors de ses expériences précédentes, elle n'avait eu à faire qu'à des hommes en voulant à son énorme poitrine et qui n'avaient pas exactement envie de la connaître plus d'une soirée. Alors, elle suçait, branlait et avalait, mais restait vierge. Armand avait pris plus de temps, il méritait sans doute un traitement à hauteur de ses attentions. Ceci dit, comme elle s'y attendait, la première nuit n'avait pas été grandiose. Les nuits suivantes non plus, elle devait le concéder. En fait, bien que ressentant du désir, elle devait bien se rendre à l'évidence : on frôlait la frigidité.
 
Donc, Ingrid n'était pas sûr qu'Armand prenne cette nouvelle avec joie. Déjà, il ne semblait pas tout-à-fait prêt à jouer un rôle de père. Il se complaisait, comme beaucoup d'hommes de son âge, dans un prolongement de l'adolescence, fuyant les responsabilités, et profitant de son salaire qui croissait relativement rapidement pour faire de beaux voyages et des week-ends de bombance avec ses amis. Et Ingrid appréciait son caractère enjoué et plein d'envies. Elle était le contraire de cela, mais elle avait besoin de cet homme qui lui donnait envie de s'épanouir d'expériences multiples et diverses. Elle le suivait : elle l'avait suivi de Nantes à Lille il y a 3 ans de cela, elle le suivrait sans soucis de Lille à Milan dès juillet. Et puis, il n'avait jamais parlé de mariage. Ou, si, en esquivant le débat par une pirouette : "pour moi, le mariage ne signifie rien : c'est juste une bonne occase pour faire la fête avec les copains". Ingrid ne voulait pas qu'Armand s'enfuit, et elle ne voulait pas non plus avorter. Pour sa part, elle se sentait prête. Elle n'avait pas volontairement attrapé son Polichinelle, elle avait juste mal géré ses pilules et ses relations sexuelles. Elle pensait qu'un oubli ne prêtait pas à conséquence, bien qu'Armand soit, 6 ans après leur rencontre, très demandeur en activités sexuelles de tous ordres.
 
Comment Armand avait-il réagi hier soir ? Avec calme et philosophie, peut-être même sans mesurer toutes les conséquences, fidèle à lui-même. Ingrid avait fait en sorte qu'il soit bien détendu, bien décontracté, et lui avait offert une de ces longues fellations dont elle avait le secret. Plus précisément, elle avait loué un film porno et s'était amusée à imiter en direct toutes les pipes proposées. 6 au total. Il avait éjaculé deux fois et quasiment pas débandé du film. Du coup, dans la chaleur de la couette, il avait reconnu qu'il n'avait pas envisagé à brève échéance d'assumer une mission de papa, mais qu'à son propre avis, il ne serait jamais prêt pour cela dans sa tête, et après tout, pourquoi pas maintenant ? Donc, il lui laissait le choix tout en lui garantissant sa présence et sa participation active. Voilà comment Ingrid s'apprêtait à être maman en entraînant Armand dans cette aventure, pendant que lui-même l'entraînait dans son aventure italienne.
 
Restait à gérer ses propres parents. Ils n'appréciaient guère Armand, réputé un peu branleur - réputation usurpée selon Ingrid -, et étaient très réticents à la voir partir à Milan. Et maintenant, il allait falloir leur faire avaler que le tout premier de leurs petits-enfants allait selon toute probabilité voir le jour en Italie.